Bernard Wesphael, acquitté en octobre 2016 par la cour d'assises du Hainaut du meurtre de son épouse Véronique Pirotton, juge "indécente" la procédure que souhaite lancer la partie civile devant le tribunal civil, indique mardi son avocat, Didier Pire, dans un communiqué. L'ex-député wallon évoque encore un "acharnement peu commun" de la part du père de Victor. Le père et tuteur de Victor, le fils de Véronique Pirotton, souhaite assigner Bernard Wesphael devant le tribunal civil. L'action ne vise pas à remettre en cause l'arrêt d'acquittement de la cour d'assises mais à ce que le fils de la victime, encore mineur, connaisse la vérité, a indiqué mardi matin Me Moureau, avocat des parties civiles dans ce dossier.

Dans l'assignation rédigée par celui-ci, les requérants constatent en effet que le procès pénal n'a pas pu aboutir à la détermination de la cause de la mort de Véronique Pirotton, décédée dans un hôtel d'Ostende en novembre 2013.

Manifestement, le père de Victor "n'admet pas le verdict de la cour d'assises et fait preuve d'un acharnement peu commun. (...) Bernard Wesphael est très affecté par le fait que la partie civile relance la procédure", réagit Me Didier Pire, son avocat.

Ce dernier se dit "perplexe". "Pour prouver la responsabilité de quelqu'un et obtenir une indemnisation, il faut prouver une faute, un lien causal et un dommage. Si le dommage existe dans le chef de Victor, il n'est pas actuellement quantifiable", écrit-il. "Quant au dommage dont se plaint" le père de Victor, Me Pire estime qu'il est inexistant. "Faut-il rappeler que Véronique Pirotton a dû assumer seule tous les frais d'entretien et d'éducation de Victor" lorsque le père de celui-ci vivait en Grèce, "et qu'elle a pour cela reçu l'aide financière de Bernard Wesphael"?

"Il est également nécessaire de prouver une faute. Celle-ci n'est même pas expliquée dans la citation", ajoute-t-il.

Enfin, l'ex-député wallon s'étonne par l'intermédiaire de son avocat que Victor ne lance pas la procédure lui-même dans un mois, quand il sera majeur. Me Moureau, avocat des parties civiles dans ce dossier, tient à rappeler que Victor n'a effectivement pas le droit d'agir puisqu'il est encore mineur, mais qu'il n'est pas non plus "dans un état psychologique qui lui permettrait de prendre une décision de ce type". Le projet de citation a été déposé chez un huissier, précise Me Moureau, qui attend le feu vert du père de Victor.