Rien de neuf sous le soleil de ce frigorifique début de mois de janvier 2009. Comme prévu, le communautaire, par la grâce du dossier Bruxelles-Hal-Vilvorde, se réinvite à la Une de l’actualité. Et, comme d’habitude, les francophones exposent au grand jour leurs divergences : ils se lancent des noms d’oiseaux (sans tête ?) et se soupçonnent mutuellement des pires manœuvres électorales (ce en quoi ils ont tous parfaitement raison).

Nul ne pourra prétendre, cependant, que le dossier revient de manière surprenante à l’agenda et que le temps manquait pour se concerter au sein du fantomatique front des francophones que préside (et anime ?) Didier Reynders, grand chef de la première formation francophone du pays.

Les libéraux, donc, voudraient que l’on fasse un maximum de bruit autour du futur nouveau conflit d’intérêt, manière de sortir Maingain de la naphtaline et de pouvoir jouer les francophonissimes. Et pour embêter les socialistes, les bleus voudraient que l’opération soit lancée par le Parlement wallon, lequel est présidé par un José Happart qui répète à qui veut que BHV, il n’en a rien à faire. Pour lui, c’est clair, c’est une affaire de Bruxellois. Qu’ils se débrouillent !

Le grand chef socialiste, Elio Di Rupo, lui, ne veut pas faire de vague, pas de provocation. N’embêtons pas les Flamands, dit-il, agissons tranquillement, sans faire d’esbroufe. Laissons le "grand" parlement wallon comme dernier recours. Et de proposer que la Communauté germanophone joue les premiers rôles dans ce dossier. Joëlle Milquet pense pratiquement pareil.

Et les germanophones ? Karl-Heinz Lambertz, le ministre-président qui a joué avec talent et avec un plaisir non dissimulé les pacificateurs communautaires durant l’été, ne dit pas non. Après tout les germanophones aiment à rendre service et s’entendent bien avec tout le monde, même si, comme ils le rappellent habilement, BHV ça n’est pas vraiment leurs oignons.

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose en vérité. Nouvelle procédure en conflit il y aura, de toute manière. Et voilà qui donnera au groupe d’experts qu’Herman Van Rompuy a prévu d’installer pour résoudre le problème BHV le temps de faire des propositions de compromis. Ce groupe se mettra à la tâche la semaine prochaine. Et c’est de là qu’il faut attendre la solution.

Le reste n’est que mauvaise comédie.