Les "Cellules communistes combattantes" (CCC; lire aussi par ailleurs) sont de retour dans l'actualité ! Jeudi, une vague de 11 perquisitions (dix en région bruxelloise, une autre dans le pied-à-terre parisien de l'un des suspects) a été menée par la police fédérale sous la houlette du parquet fédéral et de la juge d'instruction Berta Bernardo-Mendez. Il s'agissait entre autres des domiciles de quatre suspects ainsi que de deux locaux de la RTBF - laquelle n'est cependant en rien concernée en tant que telle.

Constant Hormans, truand

Quatre suspects... pour deux dossiers différents. Le premier est sans doute le plus important et concerne avant tout un des leaders des CCC, Bertrand Sassoye. Il aurait entretenu des contacts coupables avec le PCPM italien, soit le groupe terroriste "Partito Comunista Politico-Militare", d'inspiration brigadiste. "L'enquête concernant le quatuor a démarré en février 2007, après l'interpellation en Italie de 15 personnes soupçonnées d'appartenir au PCPM", a expliqué jeudi la porte-parole du parquet fédéral, Lieve Pellens. On avait à ce moment fait état dans la presse de choix de cibles déjà bien concrets et d'explosifs à base d'essence et d'acide. Le chef du mouvement, Alfredo Davanzo, ancien des Brigades rouges, avait été arrêté et, déjà, des liens avaient été établis avec des personnes séjournant en Belgique. Sans qu'on sache alors lesquelles... Cependant, il n'est cette fois question "que" d'appartenance à un groupe terroriste sans attentat programmé, indique Mme Pellens.

Second suspect du premier dossier, selon une information non officielle mais obtenue de bonne source - et c'est une véritable surprise : le truand bien connu Constant Hormans. Condamné déjà pour association de malfaiteurs, hold-up, détention d'armes et d'explosif, il est réputé être l'un des lieutenants de Marcel Habran lui-même. Le rapport avec cette mouvance ? Surprise, insistons-nous, mais il aurait été choisi par les Italiens pour certaines "compétences", nous dit-on en marge de l'enquête.

Troisième dans ce dossier : la journaliste de la RTBF Wahoub F., qui aurait cédé à la logique extrémiste depuis un certain temps déjà.

Ecoutes téléphoniques

Comme pour les deux autres, on ne saura toutefois que ce vendredi si des charges sont vraiment retenues contre elle. La juge d'instruction devait en effet encore poursuivre ses auditions jeudi en soirée et, si des mandats d'arrêt devaient tomber, on ne l'apprendrait sans doute que ce matin.

Le dossier milanais

Toujours est-il que "le parquet fédéral avait dès lors décidé d'ouvrir une enquête judiciaire contre des inconnus pour participation à un groupement terroriste. De cette manière, nous voulions vérifier si une cellule, qui aurait participé aux activités d'un groupement terroriste, existait en Belgique et identifier les membres de celle-ci", indiquait encore Mme Pellens.

Les enquêteurs belges ont donc été consulter le dossier milanais. Où des perquisitions et des écoutes téléphoniques menées en Italie seraient éloquentes quant à la mouvance terroriste et à la participation belge. Fin (provisoire) du premier volet - si l'on ajoute qu'une quatrième personne, Virginie, a été aussi interpellée en tant qu'amie de l'un des suspects, mais sera sans doute laissée libre, rien ne la concernant directement.

Second dossier. Il s'agit cette fois du respect des conditions de libération que n'ont respectées ni Bertrand Sassoye, ni Pierre Carette, leader historique des CCC. Ni l'un, ni l'autre n'ont cru devoir suivre les obligations qui leur furent faites, après leur condamnation à perpétuité du 21 octobre 1988 pour 2 meurtres et 28 attentats, à leur remise en liberté (pour faire bref et entre autres, éviter tout contact suspect, toute nouvelle dérive criminelle, etc.). A ce titre, ils seront de toute façon remis en détention, le tribunal d'application des peines disposant d'un mois pour réévaluer leur statut. Situation très inhabituelle et, assurément, à suivre, alors que Sassoye avait été libéré le 10 juillet 2000 et Carette le 23 février 2003. D'autant que les quatre se sont montrés fort peu coopératifs jeudi, nous dit-on.