On attendait la comparution, lundi, de Bertrand Sassoye, membre des Cellules communistes combattantes, devant la chambre du conseil de Bruxelles, après qu'il eut été interpellé jeudi dernier et placé le lendemain sous mandat d'arrêt pour appartenance à une organisation terroriste. Eh bien, son nouvel avocat, Me Laurent Kennes, a obtenu une remise à mercredi, car il n'a pas eu le temps de prendre correctement connaissance du dossier. M. Sassoye comparaîtra donc finalement, et c'est sans doute préférable, en même temps que ses trois supposés complices en terrorisme, l'ex [?]-truand Constant Hormans, la journaliste Wahoub Fayoumi et le Libanais Abdallah Ibrahim Abdallah.

Me Kennes a déclaré à cette occasion à nos confrères de Belga qu'il fallait voir, dans les activités de son client, non une participation au mouvement terroriste italien d'extrême gauche "Partito Comunista Politico-Militare" (PCPM), mais des faits relevant de l'expression de l'opinion politique. Et de déplorer "une législation fort contestée en vigueur depuis plusieurs années, qui incrimine le fait d'être membre d'une organisation terroriste. Tous les commentateurs ont considéré qu'on ne pouvait légitimer cette législation qu'à la condition qu'elle ne remette pas en cause la liberté d'opinion politique et d'expression de cette opinion".

Or, parmi les éléments essentiels du dossier, il voit "que l'on reproche à mon client d'avoir crypté des messages électroniques à caractère politique. Quand on reproche le fait de ne pas savoir lire le contenu de messages politiques, je crois que l'on touche à la liberté individuelle. Cela correspond à la critique formulée à l'égard de cette législation", a-t-il ajouté.

Courriels et photos

Le cryptage des courriels aurait eu pour but d'éviter que les autorités en général - et la Sûreté de l'Etat en particulier - puissent lire ces messages contestataires. Toutefois, on note qu'il n'est, à ce stade du moins, nullement fait état de cet élément au plan officiel. Le parquet fédéral ne confirme d'ailleurs pas son existence.

Mais on retient deux autres données apparues lundi. Celle livrée par "Le Soir", qui indiquait que des photos d'identité ainsi que des données anthropométriques des intéressés avaient été découvertes dès 2007 en Italie, au PCPM. Nous avons obtenu confirmation de cette information à bonne source. Il aurait pu s'agir de pouvoir confectionner de faux papiers.

On nous a ensuite indiqué, en marge de l'enquête, que, même si on sait par Me Kennes que son client conteste toute participation à un quelconque projet depuis sa libération en 2000, le "fil qui conduit vers l'Italie est quand même fort épais. Il n'y a rien qui vise la Belgique, mais en revanche pour l'Italie..." A suivre.