Etendre la loi dépénalisant l’euthanasie aux mineurs et aux personnes démentes reviendrait à la banaliser, estiment les évêques de Belgique, qui invitent le législateur à préférer le renforcement des soins palliatifs. Réagissant à cette position, Espace Seniors, Latitude Jeunes et l’Association socialiste de la personne handicapée (ASPH), partenaires de la Mutualité socialiste, regrettent que "les évêques continuent à présenter les soins palliatifs comme une alternative à l’euthanasie".

Il s’agit pourtant de deux droits distincts qui appartiennent au même patient, insistent ces associations. Un patient qui reçoit des soins palliatifs est en droit, à un moment, de faire une demande d’euthanasie, ajoutent les associations partenaires de la Mutualité socialiste. Elles jugent "inadmissible" qu’une personne en fin de vie doive parfois être transférée d’une institution vers une autre pour bénéficier de l’euthanasie. Elles proposent que chaque institution (hôpitaux, maisons de repos, etc.) mette en place une procédure écrite du traitement de la demande d’euthanasie, qui devrait être communiquée à chaque patient. "A terme, la normalisation de la pratique de l’euthanasie à la demande du patient dans les institutions devrait être encouragée, voire rendue obligatoire par les pouvoirs publics", estiment-elles.

Nécessité d’un débat préalable

Les trois associations se positionnent en faveur de la loi dépénalisant l’euthanasie aux mineurs capables de discernement. S’agissant des personnes atteintes de dégénérescence cérébrale progressive, elles peuvent bénéficier d’une euthanasie sans contestation uniquement lorsqu’elles sont dans un état de souffrance inapaisable et insupportable, tout en étant encore capables et conscientes au moment de la demande. Quant à la déclaration anticipée, actuellement d’une durée de validité de 5 ans, la loi précise que cette déclaration n’est valable que si le patient est "irréversiblement inconscient". Certains patients au dernier stade de la maladie d’Alzheimer ne sont pas considérés comme tels par tous les médecins. "Il est donc difficile de trouver une solution normative". D’où la nécessité d’un débat préalable avec des scientifiques, des juristes et des éthiciens. Il se tiendra dans 15 jours au Sénat.