Le gouvernement a décidé ce jeudi soir de porter à 3 le niveau d'alerte sur l'ensemble du pays. Il s'agit d'une première depuis la vague d'attentats des Cellules communistes combattantes dans les années 1980. "Les autorités ont enfin pris conscience du danger ! Nous, cela fait des semaines que nous sommes sur le qui-vive dans certains quartiers chauds", s'exclame un membre de la police fédéral contacté par LaLibre.be.  Ce policier, qui préfère garder l'anonymat, estime néanmoins que la police n'a pas les moyens de ses ambitions. Or, elle était directement visée par les terroristes abattus ce jeudi soir à Verviers. 

"Bruxelles est évidemment l'un des plus gros foyers de danger. Or, jusqu'à ce jeudi, les commissariats n'étaient absolument pas sécurisés", explique-t-il. "N'importe qui peut accéder à nos locaux. Dans notre bâtiment, il faut normalement un badge pour entrer mais le système ne fonctionne pas et il suffit donc juste de pousser la porte. En outre, il arrive que certains laissent leur arme dans un endroit accessible à tous. De même, nos propres vestiaires sont accessibles à tout un chacun. Si un individu souhaite voler des vêtements de police, la démarche est on ne peut plus simple".

Outre ces défaillances dans les infrastructures, la formation des forces de l'ordre laisse à désirer, d'après notre interlocuteur. "Tous les deux mois, nous suivons une journée de formation, que nous appelons 'GPI 48'. Le matin, nous y pratiquons de l'exercice sans arme : clés de bras, menottages,... L'après-midi, normalement, nous devons nous exercer au tir, avec notre arme de poing ou une mitraillette. Mais depuis cette année, cet entrainement est supprimé. Par manque de budget, nous n'avons donc plus accès au stand de tirs. Cela s'est fait petit à petit : lorsque je suis entré dans la police, il y avait peu de limites quant aux munitions utilisées, puis nous avions droit à 100 munitions, puis c'est passé à 40, et maintenant nous sommes à... zéro. Ces formations servent pourtant à nous entraîner pour passer le test d'aptitude à aller sur le terrain", explique ce policier indigné. "C'est fou, l'arme, c'est pourtant la seule chose qu'on a pour se protéger..."

Notre interlocuteur évoque également le sort des agents patrouillant dans le métro, qui font partie des plus exposés au danger. "Même eux ne bénéficient plus de la formation 'Amok' destinée notamment à arrêter un tireur fou qui cherche à faire le plus de victimes possibles. Or, cette formation est obligatoire."

Dernier grief pointé par ce membre de la police fédérale : le manque de communication en interne. "Je comprends que peu d'informations circulent dans la lutte contre le terrorisme, car il faut éviter que certains éléments ne s'ébruitent. Mais, en interne, nous ne sommes au courant de rien, alors que nous patrouillons dans les zones à risque. Les médias nous fournissent d'ailleurs plus d'informations que notre propre unité..."  


Note de la rédaction web : ce témoignage rejoint d'autres reçus ces dernières heures par la rédaction.