Il s sont régulièrement qualifiés de conservateurs ou de traditionalistes , de réactionnaires ou d’ultras; eux, ces jeunes catholiques qui reconnaissent avec entrain un attachement à Mgr Léonard, s’en étonnent, mais ne s’en soucient pas. "Notre but n’est pas de cultiver une étiquette, mais juste de vivre notre foi", explique Marie, jeune étudiante en médecine.

Elle et les siens se sentent les dignes héritiers de Jean-Paul II et de Benoît XVI. Cela, ils l’assument et le revendiquent, et rappellent avoir trouvé en Mgr Léonard, leur "Benoît XVI à eux" .

Un catholicisme plus assumé

Au-delà des bourrasques médiatiques, Mgr Léonard a en effet pu fédérer autour de lui une bonne partie de la jeunesse catholique bruxelloise et francophone. "Si ce n’est son entièreté, c’est sans doute la frange la plus dynamique des 20-35 ans qui se retrouvent autour de paroisses bien marquées, souvent urbaines, et très fidèles au magistère romain", explique Vincent.

On est donc bien loin, dans l’univers de ces jeunes, d’un catholicisme "Mai 68" comme ils l’appellent, ou d’un catholicisme "tiède et consensuel".

Sans vouloir généraliser, force est d’ailleurs de constater qu’ils affichent un attachement très marqué aux sacrements (eucharistie, confession, adoration…), qu’ils ont leurs auteurs (Rémi Brague, Fabrice Hadjadj, Benoît XVI lui-même…), gardent le Pape pour référence et font preuve d’un grand dynamisme dans le témoignage décomplexé de leur foi.

On assiste, admettent plusieurs, à un nouveau "tournant générationnel". Tournant générationnel qui s’insère très bien dans la ligne proposée par Mgr Léonard.

"Il est pour nous un repère , explique Eric, jeune père de famille. C’est un homme de Dieu, totalement dévoué, bien plus proche des siens qu’on ne le croit."

"Un homme de dialogue"

Tous les témoignages reçus (plus d’une centaine) témoignent de la même chose. C’est la rencontre avec leur archevêque qui a marqué ces jeunes. "Quand je l’ai rencontré, j’ai remarqué qu’il n’était pas ce grand censeur moral que l’on nous présente. Au contraire, il regarde chacun personnellement. Tout qui va à lui, quel qu’il soit, se sentira écouté", assure Michaël.

"J’aime sa détermination, qui est toujours pleine de tendresse et de compassion , poursuit Léopold. Il n’a jamais fui le dialogue, il est toujours resté clair dans ses convictions. Il a su parler avec force et clarté lorsque cela était nécessaire, par exemple sur l’euthanasie ou sur les différents scandales dans l’Eglise."

C’est cette clarté et cette franchise dans le discours qui ont plu également. "Oui, son discours était exigeant et pas toujours facile à entendre. Et alors ? , s’insurge Aline. C’est de cela dont nous avons besoin, nous les jeunes. Il nous empêchait de nous endormir dans un monde ou on rabaisse nos ambitions dans la recherche du bien-être et du confort. Mais on sait bien que notre vie a plus de sens que ça, que le bonheur n’est pas aussi tiédasse. C’est une des rares personnes qui a osé nous le rappeler. Il nous a pris au sérieux, nous encourageant à donner le meilleur de nous-même, plutôt que de nous contenter d’une vie de joyeuse paillasse."

Un parmi d’autres

Derrière " une rigueur intellectuelle" et un bilan qu’ils jugent largement positif, ils reconnaissent aussi un homme de foi. "Il a été plus que le simple gestionnaire d’une église en déclin. Il est pour nous un guide spirituel, ajoute Olivier . Si renaissent aujourd’hui des paroisses dynamiques, c’est parce qu’il a osé accueillir de jeunes communautés, critiquées au début, mais vers lesquelles beaucoup se tournent aujourd’hui."

Sans être les seuls, ces jeunes forment donc une partie convaincue des supporters de Mgr Léonard. " Mais nous ne craignons pas l’avenir pour autant . L’Eglise désignera avec justesse le prochain archevêque. Chacun apporte ce qu’il a à apporter, voilà la vraie richesse", conclut Vianney, fidèle par là au Vatican vers lequel se tourne désormais sans hésiter cette galaxie de croyants.