"Nonante pour cent des échanges commerciaux entre la Belgique et le Canada passent par la Flandre. Avec son opposition [au Ceta], la Wallonie contrecarre les chances des entreprises flamandes" , déclarait mercredi Hans Maertens, l’administrateur-délégué du Voka (fédération patronale flamande). 

Les chiffres qu’il cite sont-ils exacts ? Oui et non. Selon les chiffres de la Banque nationale de Belgique (BNB), les exportations wallonnes vers le Canada représentaient bien, en 2015, 9,5 % du total des exportations belges vers ce pays. Mais, en 2012, cette part était de 14 %, en 2013 de 19,5 % et en 2014 de 11,1 %. Le boom de 2013 s’explique par un très gros contrat décroché par l’entreprise CMI pour des tourelles de char. Les autres produits wallons principalement exportés au Canada sont les vaccins de GSK (en moyenne 70 %), les équipements mécaniques, électriques et électroniques, suivis par les produits alimentaires.

Le Canada est le 34e partenaire commercial de la Wallonie au niveau des exportations et le 35e pour les importations. La Flandre, si elle se taille la part du lion en matière d’exportations, est aussi un très gros importateur de produits canadiens, des produits chimiques, de l’or et des pierres précieuses surtout. Et voilà donc la subtilité qui a manqué au patron du Voka, relève le département de la stratégie et de l’évaluation de l’Agence wallonne à l’exportation (Awex) : la Wallonie affiche une balance commerciale positive avec le Canada alors que celle de la Flandre est négative. Ce qui fait dire à l’Awex : "Si la Belgique n’avait plus de rapports commerciaux avec le Canada, c’est la Wallonie qui serait la grande perdante. Et si le Ceta est signé, ce sont plutôt les Flamands qui devraient s’inquiéter de voir débarquer des produits alimentaires canadiens chez eux."