Belgique Le thermomètre va grimper haut cette semaine. Des mesures sont à prendre.

L’été est là et, d’emblée, nous offre quelques journées de grosse chaleur. Du pain béni pour les vacanciers, mais pas pour ceux qui devront bosser dans des conditions parfois désagréables. En cas de températures élevées, le travail ne doit pas être arrêté (sauf en cas de malaise) mais le bien-être des travailleurs doit être assuré. Une série de règles s’appliquent, sous des conditions précises. Voyons lesquelles.

1. Comment mesure-t-on la température ?

Un simple thermomètre ne suffit pas. Il faut en effet tenir compte du taux d’humidité de l’air (ainsi que, dans certains cas, de la vitesse du vent et du rayonnement du soleil ou d’une machine). Plus l’atmosphère sera humide, plus difficile à supporter sera la chaleur. C’est pour cette raison qu’on utilise un thermomètre dit "globe humide", explique le Service public fédéral Emploi. À défaut d’en posséder un, on peut calculer la température en utilisant un thermomètre et un hygromètre. "Lorsque l’humidité dans l’air est extrêmement élevée, disons 95 %, la température WBGT (wet bulb globe temperature) correspond approximativement à ce qu’indique le simple thermomètre , détaille le SPF . Il en va autrement en cas de plus faible humidité. Ainsi, 30 degrés Celsius correspondent avec un simple thermomètre à 22,7 WBGT pour 35 % d’humidité, 25,4 WBGT pour 55 % d’humidité et 28,2 WBGT pour 80 % d’humidité." Un tableau de conversion des températures est disponible sur le site du SPF.

2. À partir de quelle température doit-on prendre des mesures ?

Le seuil à partir duquel l’employeur est tenu de prendre des mesures pour réduire les désagréments liés à la chaleur dépend de la charge physique (pas mentale) que représente le travail. Le travail physique peut être léger (secrétariat, conduite d’une voiture…), moyennement lourd (menuiserie, conduite d’un tracteur…), lourd (bêchage, sciage à la main, le fait de pousser des brouettes…) ou très lourd (bêchage en profondeur et excavation, le fait de monter sur des échelles…). Lorsque la température dépasse 29 °C pour une charge physique de travail légère, 26 °C pour une moyenne, 22 °C pour une lourde et 18 °C pour une très lourde, l’employeur doit prendre des mesures.

3. Quelles mesures l’employeur doit-il prendre ?

L’employeur doit protéger les travailleurs du rayonnement solaire direct (stores, etc), assurer la distribution de boissons rafraîchissantes (gratuites) et installer des dispositifs de ventilation artificielle. Par ailleurs, des temps de repos doivent être instaurés. Si, en cas de travail léger, la valeur WBGT est égale ou supérieure à 29,5, il doit y avoir 15 minutes de repos par heure, de préférence dans un espace où il fait plus frais. Si elle est égale ou supérieure à 30, c’est 30 minutes de repos par heure. Autre exemple : si l’humidité relative est de 60 % et la température maximale de 30 °C, vous avez un WBGT de 26. Dans ce cas, il faudra uniquement instaurer des temps de repos pour le travail lourd ou très lourd. Mais dans tous les cas, conseille l’administration du bien-être au travail, il faut faire preuve de bon sens : "Les personnes au travail ne sont généralement pas des athlètes de haut niveau capables de courir un marathon par grande chaleur."

Il faudra en outre penser à réduire le rythme de travail et à adapter la tenue (sans mettre en danger la sécurité). Celle-ci doit cependant rester correcte. On ne va pas au boulot en maillot de bain. Si les désagréments subsistent, l’employeur peut décider d’instaurer un chômage temporaire. Le travailleur touche alors des allocations de l’Onem qui, entre autres dans le secteur de la construction, sont complétées par une allocation d’un Fonds de sécurité d’existence.

4. Et si l’employeur ne fait pas ce qu’il faut ?

Si les travailleurs estiment que des mesures tardent à être prises, ils peuvent saisir le comité de prévention et de protection au travail (CPPT) ou interpeller le médecin du travail. Les représentants syndicaux, s’il y en a dans l’entreprise, peuvent jouer un rôle d’intermédiaires.