L'étude d'incidence sur l'allongement de la piste de Charleroi Airport (de 2 550 à 3 200 mètres) est clôturée, "La Libre" en a pris connaissance. Réalisée par le bureau Aries Consultants, elle conclut que le projet "permettra à l'aéroport de se positionner sur un marché porteur qui lui échappe actuellement à savoir les destinations touristiques vers la Grèce, la Sicile, l'Egypte, la Turquie".

A la clé, entre 300 000 et 600 000 passagers supplémentaires sur base du trafic 2007 (environ 2,5 millions de passagers). "Avec une piste de 3200 m, ces avions (les Boeing 737-800 et 900 utilisés majoritairement par les compagnies low cost dont Ryanair) pourront partir sans restriction à pleine charge, ce qui signifie qu'ils pourront embarquer un nombre plus important de passagers et effectuer des vols plus longs", écrit Aries.

Mais il précise que la piste, même allongée, reste insuffisante pour accueillir à pleine charge les avions longs courriers ou les gros porteurs, sauf de manière occasionnelle. D'ailleurs, l'aéroport n'envisagerait pas de les développer, car les vols d'avions gros porteurs utilisent principalement des hubs capables de concentrer une clientèle à l'échelle de l'Europe entière, et donc principalement en correspondance.

Pour Aries, "l'hypothèse de voir se développer des vols longs courriers low cost est peu probable dans la mesure où les contraintes des vols longs courriers sont difficilement transposables dans le modèle low cost". Il indique que le projet entraînera une diminution sensible du nombre d'habitations dans les zones exposées au bruit par rapport à une situation sans allongement de piste. "L'étude prouve bien que l'allongement de la piste est un bon projet pour le développement économique et stratégique de l'aéroport. Il va aussi améliorer le quotidien de 3 074 familles. Les fonctionnaires délégués vont pouvoir traiter le dossier et les travaux pourront démarrer" dit le ministre Antoine.

En matière de pollution de l'air, il souligne que l'intensification du trafic n'engendrera pas de dépassement des normes en vigueur dans les zones habitées. "Les mesures de bruit n'ont pas montré de risques sur les performances auditives des personnes les plus exposées aux activités aéroportuaires. La croissance attendue du nombre de passagers s'accompagnera d'une croissance du nombre d'emplois directs qui pourrait faire de l'aéroport à l'horizon 2013 l'un des gros employeurs de la Région".