C'est donc confirmé, la société Chimac-Agriphar, située à Ougrée, est bien à l'origine de la pollution qui a touché la Meuse la semaine passée, provoquant la mort de plusieurs tonnes de poissons. Cette pollution trouve son origine dans une faute commise par l'entreprise qui a déversé dans le fleuve 64 kg de chlorpyriphos et 12 kg de cypermethrine - des insecticides. Les taux de cyanure se sont par contre avérés être dans la normale, contrairement donc à ce qui avait été révélé à la suite des premières analyses.

Chimac-Agriphar s'est engagée à réparer et indemniser tous les dommages environnementaux causés, a indiqué jeudi après-midi le ministre wallon de l'Environnement, Benoît Lutgen, à l'issue d'une rencontre avec les responsables de l'entreprise chimique. Le ministre a tancé ces derniers pour n'avoir pas averti la Région wallonne et le bourgmestre de Seraing dès que les faits ont été constatés. "L'entreprise a fait un aveu tardif. On aurait pu prévenir plus rapidement la Flandre et les Pays-Bas ainsi que les pêcheurs", a souligné Benoît Lutgen.

De son côté, Chimac-Agriphar exprime ses regrets et reconnaît ses responsabilités. L'entreprise a également indiqué qu'elle avait proposé elle-même d'envisager "les mesures correctrices susceptibles de réparer les dommages causés, soit le rempoissonnement, en collaboration avec la Division Nature et Forêts". Toutes ces mesures seront réalisées aux frais de l'entreprise, qui espère que cette volonté de réparation amènera la justice (qui a été saisie du dossier par la Région), à lever les poursuites. Le montant des dommages environnementaux causés par la pollution n'a cependant pas encore été estimé. Chimac a également pris plusieurs engagements afin d'éviter à l'avenir que de tels incidents se reproduisent, parmi lesquels la remise en fonction un bassin tampon situé à la sortie de sa station d'épuration.

En attendant, l'interdiction de pêche dans la Meuse est toujours maintenue depuis le Pont de Seraing jusqu'à la frontière belgo-néerlandaise, et ce jusqu'à nouvel ordre. (D'après Belga)