Cela aurait pu être le crime parfait. Le médecin de famille n’avait rien décelé de suspect lorsqu’il avait été appelé, le 8 juillet 2014 pour constater la mort, dans son lit, de Marc Dellea, un négociant en café âgé de 45 ans. Il avait délivré le permis d’inhumer. D’après ses constatations, Marc Dellea, était décédé 48 heures plus tôt.

Le magistrat du parquet a néanmoins désigné un médecin légiste qui a remarqué une plaie minuscule au niveau du lobe d’une oreille. Un examen approfondi avait décelé un projectile au niveau du cerveau, tiré, diront les experts en balistique, par une arme du type Beretta 950. Il s’agit là d’un petit pistolet de défense, qui peut aisément être dissimulé dans une sacoche.

Marc Dellea était divorcé depuis deux ans. Il avait une fille de 7 ans avec son ex-femme, Sylvia Boigelot, âgée de 38 ans. Leur enfant vivait dans leur ancien appartement à Neder-over-Hembeek.

Une semaine sur deux, le père, qui avait loué un studio, la rejoignait. L’autre semaine, c’était la mère, qui, lorsqu’elle n’était pas avec sa fille, vivait en couple avec son employeur, Christian Van Eyken (Défi), le seul député francophone au parlement flamand.

La vidéo-surveillance à la rescousse

Les enquêteurs ont constaté qu’il n’y avait pas de trace d’effraction sur les accès à l’appartement. Christian Dellea avait donc ouvert à la personne qui l’a tué. A moins que cette personne n’avait la clé de l’appartement

Les enquêteurs ont épluché les images des deux caméras de surveillance installées dans le hall d’entrée.

Le syndic avait expliqué aux locataires et aux propriétaires qu’elles ne stockaient que 24 heures d’images. Mais c’était beaucoup plus. Cet examen fut long et fastidieux. L’immeuble comptait quatre appartements par étage. Et il y en avait 19.

Les images ont montré que Sylvia Boigelot et Christian Van Eyken étaient venus le 6 juillet à l’appartement, peu avant l’arrivée de Marc Dellea et que ce dernier n’en est plus ressorti. Sylvia Boigelot y est revenue deux jours plus tard. C’est elle qui a appelé le médecin de famille.

En octobre 2015, elle a été placée sous mandat d’arrêt. Les enquêteurs ont également soupçonné Christian Van Eyken. Le parlement flamand a levé son immunité parlementaire.

Le 26 janvier, il était placé sous mandat d’arrêt et incarcéré. Deux jours plus tard, il était libéré car le juge d’instruction avait oublié de signer le mandat d’arrêt.

Christian Van Eyken a toujours protesté de son innocence. Il l’a encore répété en février devant le parlement flamand. Sa défense tentera ce vendredi d’en convaincre la chambre du conseil devant laquelle le ministère public demandera un double renvoi en correctionnelle pour assassinat.