La cour d'assises de Bruxelles-Capitale ouvre ce lundi le procès en cause d'"Orson" Mangala Ikete, de "Mulayi" Fabrice Mukuna, de Tchibamba Lomami (tous trois ont 21 ans), de "Grace" Pedro Garcia Kialanda, 20 ans, et de Trésor Mutamba, 23 ans, dit "Pirate".

Ces cinq jeunes d'origine congolaise ou angolaise répondront du meurtre de Lionel Isenge, 22 ans, commis dans la nuit du 22 au 23 octobre 2005, devant la discothèque "Lounge Bar", dans le centre de Bruxelles.

Enfants soldats et fils à papa

Selon le ministère public, les cinq accusés sont membres d'une bande urbaine, les Black Wolves, née à Matonge à Ixelles. Elle a tenté d'étendre son influence jusqu'à certains établissements de l'avenue de la Toison d'Or et du centre de Bruxelles.

Les Black Wolves auraient été dirigés par "Orson" jusqu'à son arrestation et ce dernier aurait prétendu avoir la mainmise sur le Lounge Bar, d'où l'origine de la querelle. La victime était le leader des "Finest", une bande de Berchem-Sainte-Agathe.

A Bruxelles, de grandes rivalités existaient et existent encore entre différentes bandes connues sous les noms de Black Demolition, Kung Fu Klan, New Jacks, Black Pits, Maf ou Black Style.

Cela fait quinze ans que ces bandes défraient la chronique judiciaire, à coups de règlements de compte, de meurtres ou de tentatives de meurtre, de hold-up et de viols collectifs commis sur des jeunes filles mineures, une "spécialité" et un passage obligé pour ceux qui désirent intégrer ces groupes.

Leurs membres sont parfois des fils de diplomates, d'hommes d'affaires, de ministres mais certains sont aussi des enfants soldats, qui ont combattu au Congo avant d'être adoptés par des familles vivant en Belgique.

Coups de couteau dans le dos

La nuit du drame, des membres des Black Wolves et des Finest devisaient devant le Lounge Bar, jusqu'à l'arrivée de Lionel Isenge. La présence du leader des Finest a suffi à déclencher des heurts.

Soudain, Lionel Isenge s'effondra au sol, blessé mortellement par deux coups de couteau portés dans le bas du dos. Sa mort fut quasiment instantanée.

Selon la chambre des mises en accusation, les cinq accusés ont participé au crime, quatre d'entre eux permettant à un cinquième de porter le coup mortel.

Trois semaines

La durée du procès, qui sera présidé par Karin Gerard est évaluée à trois semaines.

L'accusation sera soutenue par le procureur général, Bernard Dauchot et la défense sera assurée par Mes Stéphanie Roussel, Pascale François, Joëlle Noël, Catherine Toussaint, Xavier van der Smissen, Nathalie Gallant, Didier De Quévy, Gabie-Ange Mindana et Olivier Martins.

Les parties civiles seront représentées notamment par Mes Alain Vergauwen, Delphine Kips et Vincent Lurquin.

J.-C.M. (avec Belga)