Coexistence pacifique teintée de quelques crispations à Bruxelles

Belgique

J.La.

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Coexistence pacifique teintée de quelques crispations à Bruxelles
© Photonews

Ce sont deux confessions, qui s’affrontent parfois durement, dans l’espace musulman. Une forme de guerre froide y oppose le monde sunnite et le monde chiite. Une fracture avec ses radicaux : sunnites soutenus par l’Arabie Saoudite, chiites appuyés par l’Iran.

"Il ne faut dès lors pas s’étonner que ces tensions aient des répercussions sur les communautés de l’extérieur", relève un observateur très avisé des milieux radicaux en Belgique.

Mais cet expert, qui préfère rester anonyme, tient néanmoins à ne pas dramatiser l’impact en Belgique, qui n’a qu’une toute petite communauté chiite. "La coexistence est relativement pacifique, bien qu’il y ait toujours eu des tensions, voire des crispations." Celles-ci ne sont pas neuves : plus de trente ans que cela dure. Cela peut aller de déprédations à des portes d’entrée de mosquées à des plaintes déposées par une mosquée contre un groupe particulier.

"Cela n’a cependant généralement rien de spectaculaire. C’est sous la surface. Et il est bien souvent difficile de faire la part des choses entre menaces ou conflits d’origines politiques, dissensions internes ou affairisme car les mosquées sont aussi un business", relève-t-il.

L’incendie criminel de la mosquée Imam Rida s’inscrit dans le contexte international tendu. "Il n’y avait pas pour l’instant de craintes aiguës qui nous avaient poussés à mener des surveillances policières", ajoute-t-il.

Tout au plus quelques bagarres lors de manifestations sur la Syrie. Mais sans véritable "clash". Dans ce contexte, la mosquée Imam Rida n’était pas considérée comme une mosquée fréquentée par des radicaux. Quoi qu’elle était animée par un imam formé à Qom, le berceau du chiisme iranien, et qu’elle était régulièrement visitée par des religieux venus d’Iran.

Une classification des mosquées, comme des partis politiques, reste toujours un exercice délicat : les raccourcis peuvent être réducteurs et, derrière la surface lisse, peuvent se loger des éléments moins rassurants.

Fréquentée par des chiites de tradition (Iraniens, Irakiens ou Libanais), Imam Rida drainait aussi des convertis marocains, un pays qui a une grande tradition d’ésotérisme qui s’inscrit bien dans la vision chiite. Ce qui irritait quelque peu les autorités marocaines.

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