Mots croisés par-ci, lecture par-là... La grève des bagagistes contraint les voyageurs à s'occuper. La plupart d'entre eux échangeaient quelques mots, d'autres, assis sur les chariots à bagages, pianotaient sur leur ordinateur portable, alors que les parents tentaient de distraire leurs enfants sur les animaux mécaniques. Entre ses infortunés vacanciers il s'est installé une certaine solidarité. " Je tiens la place de mon voisin parti fumer une cigarette. Tout à l'heure, c'est lui qui a poussé mon chariot lorsque je suis partie me détendre", confie Florence. Rien ne sert de courir. A leur retour, ceux qui se sont éclipsés quelques instants ne risquaient pas d'être déboussolés. Trois heures étaient nécessaires pour progresser...de quatre mètres.

"On ne nous dit rien"

Comme à l'accoutumée, les passagers ont déploré le manque de communication. En témoigne l'amertume de ce père de famille : "Nous avons passé la nuit sur place, les enfants ont dormi sur les banquettes d'un snack car nous ne savions pas si nous allions avoir un autre vol cette nuit. Nous ignorions aussi comment récupérer nos valises, enregistrées dimanche soir peu avant le début de la grève ".

Les bagages étaient une source de tracas. Chris, de retour d'Atlanta, a ainsi attendu six heures pour les récupérer. Benedikt, lui, les a retrouvés par hasard sur un tapis roulant autre que celui annoncé. Les plus chanceux parmi ceux qui revenaient de vacances étaient porteurs d'un seul bagage à main. Quoi qu'il en soit, ceux qui décollaient, bagages à main ou non, devaient prendre leur mal en patience car la plupart des vols étaient redirigés vers Charleroi ou Liège...

Ces changements de dernière minute n'entamaient cependant pas trop l'enthousiasme des voyageurs, si ce n'est de certains : "J'ai annulé mon départ. Je ne partais qu'une semaine et là je ne suis toujours pas certain de partir. Or, j'attends depuis hier", a expliqué Fluvio qui ne cherchait ensuite qu'à savoir si sa nuit d'hôtel lui serait remboursée. Ceux qui prenaient l'avion pour un rendez-vous d'affaire n'étaient pas plus ravis. Nombreux dans le cas, ils cherchaient à échanger leurs billets pour un autre vol, tel Rémy qui devait se rendre en Ecosse pour y travailler durant un an. Moins ennuyé par ce départ postposé, il le gardera toutefois en mémoire puisqu'il s'agissait de son premier vol...