La Justice a condamné dans la nuit de lundi à mardi Mehdi Nemmouche et Nacer Bendrer à respectivement la réclusion à perpétuité et 15 ans de prison pour l'attentat au Musée juif de Belgique.

La condamnation de Mehdi Nemmouche à la réclusion à perpétuité, prononcée par la cour d'assises de Bruxelles dans la nuit de lundi à mardi, était prévisible en raison de la décision de la défense de ne pas plaider sur la peine, a indiqué son conseil Me Sébastien Courtoy. L'avocat considère toujours que le Français n'est pas l'auteur de l'attentat commis au Musée juif de Belgique le 24 mai 2014.

Mehdi Nemmouche "n'a pas eu de réaction particulière" lors du prononcé de sa condamnation à perpétuité, a ajouté Me Courtoy. "Il nous avait demandé de ne pas plaider sur la peine, dans la mesure où la question importante dans ce procès était de savoir s'il était reconnu coupable ou pas." Selon l'avocat, son client pouvait éviter la peine maximale en évoquant sa jeunesse difficile mais s'est refusé d'organiser "un grand déballage sur sa personne, en particulier sur son enfance et son adolescence assassinées". "Il n'a pas souhaité, et j'étais d'accord avec lui, faire un grand déballage exhibitionniste de ce qui lui était arrivé et de jouer sur les bons sentiments des jurés." Mehdi Nemmouche n'a par ailleurs pas demandé pardon aux victimes et à leurs familles durant le procès car il est innocent, a encore assuré Me Courtoy. "Ce n'est pas du mépris envers les victimes, au contraire, car il m'a demandé de ne pas plaider sur les sentiments auprès des jurés, mais de concentrer toute leurs émotions sur les victimes."

Les conseils du Musée juif satisfaits des condamnations infligées

La justice a été "bien rendue" avec l'arrêt de la cour d'assises de Bruxelles, a estimé Me Adrien Masset, conseil du Musée juif.

a condamnation à la réclusion à perpétuité de Mehdi Nemmouche, le maximum possible, "montre bien la responsabilité pleine, complète et totale" de celui qui a été reconnu coupable de quatre assassinats terroristes, a souligné Me Masset. "L'arrêt, extrêmement bien motivé, est cinglant à l'égard de Mehdi Nemmouche", a poursuivi Me Nardone, également avocat du Musée juif. "Il est tout à fait logique" qu'aucune circonstance atténuante n'ait été retenue, selon Me Nardone. "La ligne de défense" du condamné "a couru à sa perte", a-t-il estimé. Me Masset a pointé "l'absence de regrets" de la part de M. Nemmouche et déploré qu'il ait "sali les victimes avec sa thèse du piège". Quant à Nacer Bendrer, qui a écopé de 15 ans d'emprisonnement, sa condamnation est "tout à fait logique", a soutenu Me Nardone. "C'est un message d'espoir donné à ce garçon. La cour a relevé qu'il était entouré, qu'il était sorti de son radicalisme", a enchaîné Me Masset. "Elle a aussi pointé l'absence de risque de récidive mais il devait tout de même être sanctionné" pour avoir fourni les armes qui ont servi à perpétrer la tuerie au Musée juif, le 24 mai 2014.

La perpétuité "va comme un gant" à Mehdi Nemmouche, selon le frère d'Alexandre Strens

Le frère d'Alexandre Strens, le jeune employé du Musée juif de Belgique victime de l'attentat du 24 mai 2014, s'est félicité de la peine infligée dans la nuit de lundi à mardi à l'auteur des faits Mehdi Nemmouche. La perpétuité lui va "comme un gant", a-t-il réagi.

Le frère d'une des quatre victimes de l'attentat n'a par contre "pas saisi" la peine de 15 ans de prison prononcée à l'encontre de Nacer Bendrer, reconnu comme le co-auteur du quadruple assassinat à caractère terroriste. La cour a notamment pris en compte "l'empathie" du Marseillais exprimée durant le procès, ses possibilités de réinsertion ainsi qu'un "faible risque" de récidive. "La décision émanant d'un jury populaire, je devrai m'y faire", a ajouté le frère d'Alexandre Strens. "Faire acquisition ou vendre une arme de guerre avec des centaines de cartouches ne laissait pas présager d'une opération humanitaire mais plutôt de la détermination de la préparation d'une action guerrière et terroriste", a-t-il souligné. Constitué partie civile, il considère la fin du procès comme un "grand jour". "Deux mois c'est très long", a-t-il conclu en faisant référence à la durée des débats. "On tourne une page et on ouvre un nouveau chapitre."