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Cools: premières déclarations de Carlo Todarello

d'après BELGA

Publié le - Mis à jour le

L'audience a repris ce jeudi après-midi à la cour d'assises de Liège par l'interrogatoire de Carlo Todarello. Le président Lambrecht a en effet décidé de rabattre le défaut et donc d'ordonner la poursuite de la session d'assises, en présence de l'accusé qui était défaillant jusqu'à ce jeudi.

Le président a précisé que des témoins entendus en l'absence de Carlo Todarello pourraient éventuellement être réconvoqués.

Carlo Todarello ne s'est pas vraiment expliqué sur son absence. Au président qui lui demandait pourquoi il n'était pas présent à l'ouverture du procès, il a répondu «c'est une bonne question... je ne sais pas vous répondre ». «Vous n'aviez pas envie de venir? », a enchaîné M. Lambrecht. «Peut-être », a-t-il répondu. «Mais vous avez changé d'avis... », a insisté le président. «Ben oui, il faut bien que ça finisse un jour », a clamé l'accusé.

Carlo Todarello a cependant répondu affirmativement à Me Dehousse qui lui demandait s'il avait été menacé. «Oui, à deux reprises. A Anvers en juin et une autre fois après une émission de la RTBf. Je ne connais pas la personne qui m'a menacée. Je pourrais la reconnaître si je la voyais mais je ne sais pas son nom. Je n'ai pas déposé plainte. On m'a dit de ne pas venir ici. On m'a dit 'fais attention, ne va surtout pas là'. J'ai aussi été suivi », a expliqué l'accusé.

Sur les faits relatifs à l'assassinat, Carlo Todarello a expliqué qu'il avait été contacté par son neveu, Richard Taxquet, pour «trouver une personne pour faire du mal à un autre ». Il a déclaré ne pas avoir donné suite à la demande, malgré l'insistance de son neveu et de Pino Di Mauro.

Concernant une somme d'argent (7436 euros) remise par Solazzo le 23 juillet 1991, soit 5 jours après l'assassinat d'André Cools, Todarello a expliqué que c'était pour une vente de vêtements en jeans.

Devant la cour, l'accusé a expliqué qu'il avait rencontré Alain Van der Biest avant l'assassinat. «Je devais lui jouer une comédie pour le calmer; il trouvait que ça n'allait pas assez vite. Je lui ai montré une arme », a-t-il déclaré.

Concernant la mort d'André Cools, Carlo Todarello a expliqué qu'il avait été «abasourdi » en apprenant la nouvelle. «J'ai été choqué; c'est la vie d'un homme quand même! » Todarello a également expliqué à la cour que s'il avait parlé en 1992, c'est parce qu'il était menacé. «S'il m'arrivait quelque chose, je voulais que la justice sache où aller. J'ai eu des menaces pour que je la ferme parce que j'en savais trop. Ce sont Taxquet et Di Mauro qui m'ont menacé », a-t-il expliqué, mentionnant même «quand Ancia et Brose (la juge d'instruction liégeoise chargée du dossier et un enquêteur de la cellule Cools, NDlR) envoyent Taxquet chez moi pour me menacer, il vaut mieux que j'écrase! ».

Les relations avec la cellule Cools ont aussi été évoquées par Todarello. «J'ai l'impression qu'il n'ont jamais voulu avancer », a-t-il commenté, soulignant ses bonnes relations avec les autorités judiciaires de Neufchâteau.

Todarello n'a pas fait de commentaire sur Mathot et le certain «Schpitz » qu'il avait, lors de ses révélations de 1992, également accusés d'être les commanditaires de l'assassinat d'André Cools, avec Van der Biest, Taxquet et Di Mauro.

Après l'interrogatoire de Carlo Todarello, la cour poursuit l'audience avec la suite de l'audition du juge Connerotte.

Carlo Todarello, l'un des accusés défaillants du procès Cools, a créé la surprise ce jeudi matin en se présentant à 7h30 au Palais de Justice de Liège.

Les menaces qui pèsent sur Carlo Todarello planent toujours, a confirmé Me Claire Rion, l'avocate de l'accusé ce jeudi en fin de matinée dans les couloirs du palais de justice. Me Rion a expliqué que son client avait été menacé "physiquement". "Je veux dire qu'il a eu un contact direct avec la personne qui le menaçait. Il sait qui c'est mais je ne sais pas pour qui cette personne agit. On lui a demandé de ne pas assister au procès. Il a encore peur mais il faut bien venir quand on traite de son propre cas", a expliqué l'avocate.

Suite au retour de Carlo Todarello, les mesures de sécurité ont été renforcées au palais de justice de Liège. Les fouilles aux portiques sont systématiques et certains policiers sont porteurs de gilets pare-balles.

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