Belgique

Les morceaux de l'épave du Pilatus PC-6 qui s'est écrasé samedi à Gelbressée, faisant onze morts, ont été déchargés très délicatement - pour éviter qu'ils ne s'abîment - lundi à la base militaire de Beauvechain (Brabant wallon). Le travail d'enquête est réalisé par l'Aviation Safety Directorate (ASD) et l'Air Accident Investigation Unit (AAIU).

Les pièces ont été inventoriées et stockées dans le "parc à épaves". "Certains éléments sont mis dans un hangar, d'autres dans le parc, en fonction de ce que nous demandent les enquêteurs civils. En tant qu'enquêteurs militaires, nous sommes présents en appui. 

C'est à eux maintenant de nous dire ce que nous devons faire et ce qu'ils feront eux-mêmes", indique le major Patrick Mignolet, chef du service d'enquête de l'ASD. "Il y a un accord de coopération entre mon service et l'AAIU dont le chef opérateur est Luc Blendeman. 

Tant pour le stockage que pour certains travaux d'enquête, on fait appel à nous. Cela va du spécialiste en facteur humain, c'est-à-dire un psychologue, au spécialiste qui retrouve des traces sur les morceaux d'une épave", ajoute-t-il. Son service est composé d'environ vingt-cinq personnes. Les personnes effectuant ce travail méticuleux portent une combinaison par précaution car "dans chaque accident, il y a un risque potentiel". "Pour un accident grave de cette nature-ci, nous avons un délai d'un an pour rendre un rapport", explique-t-il encore. Un délai qui pourrait toutefois s'allonger puisque l'avion Pilatus ne possède pas de boîte noire.

Un registre de condoléances ouvert et les drapeaux en berne

Un registre de condoléances est ouvert depuis lundi matin à la maison des citoyens (rez-de-chaussée de l'hôtel de ville de Namur) à la suite du crash aérien survenu samedi après-midi à Gelbressée (commune de Namur) lors duquel dix parachutistes et leur pilote ont perdu la vie. Les drapeaux sont en berne en ce jour, informe par ailleurs la Ville de Namur. La population namuroise pourra exprimer sa solidarité vis-à-vis des victimes et des proches des victimes puisque le registre de condoléances est accessible du lundi au vendredi de 8h à 16h ainsi que le samedi matin de 8h30 à 11h30.

Les personnes qui n'ont pas la possibilité de se déplacer peuvent également faire part de leur soutien en envoyant un mail à l'adresse information@ville.namur.be. La Ville promet que leurs messages seront joints au registre de condoléances.

La Ville ajoute que les drapeaux ont été mis en berne lundi, à l'Hôtel de Ville, auprès des monuments officiels de Temploux (les parachutistes avaient décollé de l'aérodrome de Temploux) ainsi qu'à la Citadelle de Namur.

Tant que les familles n'ont pas récupéré la dépouille de leur défunt, il est très délicat d'en savoir davantage sur les funérailles ou les hommages qui seront rendus, ajoute le service communication de la Ville.

L'avion endommagé lors de l'atterrissage précédant le drame?

Ils n’avaient aucune chance de sortir vivants de l’accident. Les dix parachutistes du Para Club de Temploux - neuf hommes et une femme - et le pilote du Pilatus qui s’est écrasé samedi à 15h37, étaient morts lors de l’impact au sol de leur appareil. Tous étaient expérimentés: les parachutistes avaient un nombre important de sauts à leur actif et le pilote était chevronné.

La carcasse de cet appareil, qualifié de "Jeep des airs" dans le milieu des parachutistes, était complètement disloquée lorsque les premiers secours se sont approchés du point d’impact dans un champ de Gelbressée à quelque huit kilomètres de l’aérodrome de Temploux d’où il avait décollé.

Au parquet de Namur, chargé de faire la lumière sur les circonstances de l’accident, on restait toujours dans le noir dimanche sur les causes de l’accident. Il s’agira notamment de mettre en lumière les éventuelles responsabilités individuelles qui ont pu être à l’origine du drame.

Il apparaît d’ores et déjà établi que le vol n’a duré que quelques minutes, a indiqué hier au cours d’un premier bilan, le procureur du roi de Namur, Philippe Dulieu. Les premiers éléments collectés montrent que le Pilatus en était vraisemblablement à sa deuxième rotation de la journée. Rien de particulier n’avait été remarqué lors de la précédente rotation effectuée par un autre pilote.

D’après les témoignages qui ont été recueillis, un problème serait survenu rapidement après le décollage. Des témoins ont raconté avoir vu le Pilatus dans le ciel, volant en ligne droite. II perdait et reprenait de l’altitude. Ils ont entendu un "boum" avant de voir une des ailes de l’avion tomber "comme une feuille morte". L’avion, selon ces premiers témoins, a continué sur sa trajectoire pendant quelques secondes avant de tomber en vrille au sol.

Ce que confirmeront les premiers éléments de l’enquête. Des militaires dépêchés ont réalisé un balayage des lieux dans un périmètre de 3 kilomètres sur 1,5 kilomètre. Des fragments d’aile ont été découverts à 800 mètres du lieu de l’impact au sol. "On le sait : l’avion a perdu tout ou une partie d’une aile. Il faudra savoir quel type d’avarie est intervenue et voir si celle-ci est imputable à la responsabilité d’une personne précise qui reste à identifier", a ainsi indiqué M. Dulieu.