ENTRETIEN

L'ancien président du MR, Daniel Ducarme, reprend progressivement des responsabilités dans son parti. Lundi, il a été officiellement chargé au sein du MRI des contacts avec les Belges résidant à l'étranger.

Vous aviez juré d'être candidat aux élections communales à Schaerbeek. Finalement, vous y renoncez...

Les choses ont évolué. Un nouveau chemin s'est offert à moi. Je pensais que pour reprendre des responsabilités au MR, il y avait un passage obligé qui était le scrutin communal. Cela ne s'est pas matérialisé. On me propose d'être directement actif dans un secteur - le plan européen et international - qui m'intéresse depuis longtemps. C'était un peu mon rêve caché.

Vous avez quand même été rejeté, tant à Ixelles qu'à Schaerbeek... On n'a pas voulu de vous.

A Ixelles, j'avais dit que je voulais bien jouer les utilités en fin de liste. Puis, ma vie personnelle m'a ramené à Schaerbeek où nous n'avons pas trouvé un terrain d'entente. La page est tournée. J'exercerai mes nouvelles responsabilités du mieux que je le pourrai.

Vous ne déposerez donc pas de liste personnelle. En échange, vous avez négocié une place de sénateur coopté après les prochaines législatives...

J'ai pour habitude de considérer que l'exercice d'un mandat correspond à une action et à un travail. Il n'y a pas eu de sombre marchandage dans l'arrière salle d'un café.

Quelle sera votre mission?

Veiller à ce que les Belges qui vivent à l'étranger soient entendus chez nous. Les réformes législatives leur permettant de voter chez nous sont incomplètes. Il faut par exemple que ceux qui se sont inscrits en 2003 le soient automatiquement pour les futures élections, comme cela se passe pour les électeurs de chez nous. Cent mille citoyens Belges résidant à l'étranger s'étaient inscrits en 2003: nous espérons que d'autres se joindront.

Autre problématique: la double nationalité

Effectivement. Beaucoup de jeunes Belges sont prêts à s'expatrier, voire à prendre la nationalité d'un autre pays pour leur carrière professionnelle. Mais dans ce cas-là, ils perdent la nationalité belge alors que certains étrangers, qui choisissent d'être Belge, conservent leur nationalité d'origine.

On vous a vu aussi, il y a quelques jours à Paris, chez les réformateurs français: nul n'est prophète en son pays...

Nous voulons dépasser le clivage des groupes du parlement européen. Mardi dernier, j'ai participé au premier congrès des réformateurs français qui se sont créés au sein de l'UMP. Nous voudrions réunir les réformateurs au niveau européen. Des gens, proches d'Aznar, sont également prêts à suivre le mouvement. C'est en quelque sorte, la prolongation de ce que j'ai voulu en créant le MR il y a quelques années.

Je vous croyais plus proche de François Bayrou que de Nicolas Sarkozy...

C'est vrai que Bayrou est dans notre groupe au niveau européen. Mais Sarkozy, sur certains sujets, me plaît assez...

© La Libre Belgique 2006