Marie-Dominique Simonet (CDH), la ministre de l'Enseignement supérieur en Communauté française, a tenu bon. Son décret «non-résident», qui impose un quota d'étudiants ne résidant pas en Belgique dans les filières d'enseignement les plus prisées à l'étranger, a été vilipendé dans les rues, attaqué devant la Cour d'arbitrage. Mais il est sorti (presque) indemne du tumulte. Il a donc pu produire ses premiers effets concrets ce lundi, à la faveur des nombreux tirages au sort qui ont été organisés pour désigner les étudiants - pour la plupart français - qui seront admis dans les auditoires à la rentrée.

Surabondance de demande

En tout, 3 593 demandes d'inscriptions (dont 7 doublons qui ont été écartés) avaient été introduites par des résidents étrangers dans les filières visées par le décret. Mais il n'y avait que 1 628 places à pourvoir: 457 pour les éducateurs spécialisés, 6 en audiologie, 142 pour les infirmières accoucheuses, 14 en podologie, 210 en logopédie, 134 en ergothérapie, 590 en kiné, 75 en médecine vétérinaire. Soit 1 965 de moins. Les tirages au sort, qui ont été organisés sous le regard d'un huissier dans chacune des Hautes Ecoles concernées et au siège du Conseil des recteurs francophones pour les filières universitaires, n'éviteraient pas certaines grosses désillusions.

Il n'y eut cependant point de larmes dans les écoles d'ergothérapie, de podologie et d'éducateurs spécialisés. Il n'y eut même pas toujours tirage au sort. Les demandes y étaient en effet globalement inférieures à l'offre: 132 demandes d'inscriptions en ergothérapie (pour 134 places), 10 demandes en podologie (pour 14 places) et 359 demandes d'éducateurs spécialisés (pour 457 places).

Le tri a en revanche été sévère dans les autres filières concernées par le décret. En kinésithérapie, ce fut même l'hécatombe. Près de 1 000 étudiants étrangers avaient rentré une demande pour les 348 places disponibles dans les Hautes Ecoles et 457 autres, pour les 242 places à leur disposition dans les auditoires universitaires. Cela fait 867 candidats au métier de kiné qui sont restés sur le carreau.

On retrouve des proportions comparables en logopédie (724 dossiers pour 210 places), dans les sections d'accoucheuses (379 dossiers pour 142 places) et en audiologie (29 dossiers pour 6 places). Enfin, pour les études de médecine vétérinaire, qui faisaient l'objet d'un examen d'entrée depuis 3 ans, il a fallu sélectionner 75 demandes d'inscription sur les 506 qui avaient été introduites.

Les étudiants qui ont été retenus ainsi que ceux qui ont été recalés seront prévenus de la décision les concernant le 11 septembre au plus tard. Certaines Hautes Ecoles ont cependant déjà commencé à prévenir tout le monde. Les universités en revanche ont décidé d'attendre la date butoir avant de prévenir les postulants du sort qui leur a été réservé. Elles veulent d'abord vérifier si les étudiants étrangers qui ont introduit un dossier remplissent les conditions d'inscription (titres requis, etc.). Mais elles pourraient avancer le moment du dévoilement des listes. C'est qu'il ne faut pas traîner. Les étudiants qui ont été retenus doivent avoir le temps d'organiser leur année (louer un kot, acheter les syllabi, etc.). Et les autres, de se retourner.

© La Libre Belgique 2006