"A posteriori, la commission parlementaire sur les abus sexuels commis au sein de l'église était un cadeau de dieu. Elle nous a aidé à développer une approche plus transparente et plus légale", a affirmé le cardinal Jozef De Kesel qui représentera la Belgique à la conférence épiscopale convoquée par le Pape sur le sujet. Celle-ci se tiendra du 21 au 24 février au Vatican. Le cardinal De Kesel y partagera l'expérience de l'église belge qui a connu son lot de scandales, dont celui de Roger Vangheluwe, l'ancien évêque de Bruges poussé à la démission en 2010 après qu'il eut reconnu avoir abusé sexuellement de son neveu dans les années 80.

Pointée du doigt, l'église crée alors une commission interdiocésaine pour la protection des enfants et des jeunes, permettant aux victimes de témoigner. Un centre d'arbitrage indépendant est également mis en place.

La semaine passée, une mise à jour du rapport des Évêques et Supérieurs majeurs de Belgique sur le nombre de cas d'abus sexuels dans l'église faisait état de 1.054 victimes qui se sont manifestées depuis 2010. Cette année-là, les évêques du Royaume avaient lancé un appel aux victimes potentielles d'abus sexuels.

Parmi ces dossiers, 628 ont été rapportés au centre d'arbitrage (dont 506 ont donné lieu à une compensation financière), tandis que 426 victimes se sont tournées vers l'un des 10 points de contact que l'église a créés, pour 349 compensations financières. Au total, la fondation Dignity a versé, jusqu'à présent, près de 4,6 millions d'euros aux victimes reconnues.

Des victimes, il en sera également question du 21 au 24 février au Vatican où le Pape François a convoqué une conférence épiscopale qui réunira tous les présidents des conférences épiscopales de la planète, mais aussi les chefs des églises orientales, des représentants de congrégations religieuses et de la Curie romaine. Cette réunion visera avant tout à donner des règles concrètes de prévention aux évêques.

"Pour le Saint-Père, il est fondamental de faire en sorte qu'en retournant dans leurs pays, dans leurs diocèses, les évêques venus à Rome soient conscients des règles à appliquer et accomplissent ainsi les pas nécessaires pour prévenir les abus, protéger les victimes et s'assurer qu'aucun cas ne soit couvert ou occulté", avait ainsi expliqué mi-janvier le directeur de la salle du presse du Vatican, Alessandro Gisotti.

Le pape "veut que cette rencontre soit une réunion de pasteurs, non pas un congrès d'études", avait-il ajouté.