De nouveaux SMS appelant à nouveau à manifester samedi après-midi à partir de la place Liedts à Schaerbeek ont été interceptés par les autorités dans la journée de vendredi. Après les émeutes de mercredi, la police reste donc plus que jamais vigilante dans ces quartiers et ce, même si les journées de jeudi et vendredi sont restées très calmes. Une demande officielle de manifestation au rond-point Schuman le 3 novembre a en outre été déposée officiellement par l'Union des associations turques, qui avait par ailleurs vivement condamné les émeutes.

Dans notre édition d'hier, nous relations les propos du sénateur Ecolo Josy Dubié qui mettait en cause le rôle joué par l'ambassadeur turc à Bruxelles Fuat Tanlay dans ces émeutes. Josy Dubié l'accusait notamment d'intervenir régulièrement pour exciter la population contre les communautés minoritaires de Turquie, et notamment les Kurdes et les Arméniens. Des propos qu'a vivement critiqué l'intéressé, les déclarant sans fondements. "Loin d'exciter les gens, l'ambassadeur a lancé des appels répétitifs au calme, notamment dans des journaux turcophones, a ainsi réagi l'ambassade dans un communiqué. "Il a demandé aux personnes de se conformer aux règles du droit belge et que s'il y a manifestation, elle doit avoir été préalablement autorisée."

"Nuit de cristal"

S'il est vrai que l'ambassadeur était présent mercredi sur le lieu des émeutes pour lancer des appels au calme, Josy Dubié maintient pourtant ses accusations, rappelant les propos tenus par l'ambassadeur en avril dernier dans le quotidien turcophone "Hürriyet". L'ambassadeur avait en effet à l'époque tenu des propos virulent à l'encontre du bourgmestre de Saint-Josse Jean Demannez (PS) qui avait, après l'incendie criminel d'un centre culturel kurde rue de Liederkerke, "osé" utiliser le terme de "kurde" pour qualifier les membres de cette communauté. "Bruxelles vient de vivre sa Nuit de cristal" ose Josy Dubié en dénonçant les attaques contre un café arménien dimanche et mercredi soir et tous autres les commerçants des quartiers où ont eu lieu les émeutes. "Il est extrêmement grave qu'en Belgique on s'en prenne à des gens en raison de leur nationalité", poursuit-il en insistant sur le fait que ce type d'incident n'est pas nouveau, ce qui est selon lui encore plus préoccupant. Josy Dubié qui lors des précédentes législatures tirait déjà la sonnette d'alarme à ce sujet en dénonçant le laxisme de certains élus envers les activistes des "Loups gris".