"Bart, ce soir, tu es tout seul". L'image de ce message brandi dans les tribunes du stade Roi Baudouin a fait le tour du pays au lendemain du match Belgique-Ecosse. C'était ensuite au sélectionneur national de s'en prendre à la "politique qui divise". Le feuilleton se poursuivait ce jeudi avec la médiatisation des tweets de Vincent Kompany et la réaction du Vlaams Belang.

Une banderole qui fait du bruit

Augustin, Jean-Charles, Christophe et Hervé, les auteurs de la banderole "Bart, ce soir, tu es tout seul", sont quatre cokoteurs. La vingtaine toute fraîche, ils étudient respectivement l'archéologie, les sciences de gestion et les métiers d'ingénieur civil et d'ingénieur de gestion. Ils vont régulièrement voir les Diables ensemble.

"On ne s'attendait pas à un tel buzz, d'autant plus qu'on ne l'a brandie que quelques minutes afin de ne pas déranger les autres spectateurs. Nos amis nous ont dit qu'elle n'était pas passée à la télé. On n'a réalisé que le lendemain matin l'ampleur que ça a pris" explique Augustin. Ce dernier avoue que c'est le discours interpellant du leader de la N-VA, après sa victoire aux communales d'Anvers, qui l'a alerté, lui et ses trois acolytes, parmi lesquels un Gantois. "Ce n'était donc pas un mouvement exclusivement francophone".

Les quatre protagonistes n'espéraient pas créer une "telle polémique" mais bien "faire un clin d’œil à la situation actuelle". Et Augustin d'ajouter: "Comme l'a dit Wilmots, c'est la magie du sport. On fait évidemment partie de ces supporters patriotes qui aiment s'unir derrière les Diables. Une idée de banderole pour le prochain match? Pas encore, mais le but n'est pas forcément d'en faire systématiquement" reconnait modestement celui qui n'a pas la prétention d'avoir déclenché la réaction de Vincent Kompany. "Il a toujours été patriote et ce n'est certainement pas la vue de notre banderole qui l'a incité à tacler De Wever".

"Wilmots et Kompany communiquent parfaitement"

Quand on leur demande jusqu'où iront les Diables au mondial brésilien s'ils se qualifient, les quatre étudiants n'ont pas de mal à se mettre d'accord: "en demi-finales, pour rééditer l'exploit de Mexico. Les joueurs auront deux années d'expérience en plus". Et De Wever, jusqu'où ira-t-il? "Pas plus loin qu'Anvers" tranchent sans hésiter ceux qui ne croient pas en la séparation de la Belgique.

Une belle performance des Diables lors de leur premier match au mondial brésilien (qui débute le 12 juin, ndlr) peut-elle influencer le résultat des élections fédérales du 15 juin 2014? Nos quatre interlocuteurs n'osent pas aller jusque-là. "Plusieurs personnalités s'affichent fièrement dans le stade Roi Baudouin. Le lien politique-sport existe bel et bien, quoi qu'on en dise. Mais on ne pense pas qu'il puisse y avoir un impact très important sur le scrutin, même si on est les premiers à le souhaiter".

Et nos hommes à la banderole de conclure: "Wilmots et Kompany n'ont pas besoin de s'engager en politique pour affronter De Wever. Ils maitrisent très bien la communication et leur message passe mieux dans le monde du football, où ils ont de la crédibilité. En politique, ils seraient considérés comme des attrapes-voix."