Les partis politiques MR, FDF et PS ont condamné mercredi les événements qui se sont déroulés mardi soir à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), empêchant la tenue d'un débat avec l'essayiste Caroline Fourest sur l'extrême droite.

"Quand les huées fanatiques empêchent la tenue d'un libre débat, d'autant plus dans l'Université qui a marqué son histoire par son combat pour la liberté de conscience, il est urgent que toutes les forces démocratiques se mobilisent", ont notamment estimé les chefs de file MR au Parlement bruxellois, Vincent De Wolf et Françoise Schepmans.

"L'Université Libre de Bruxelles et l'ensemble de notre classe politique doivent prendre la mesure du fait que le communautarisme radical progresse sur ses bancs et dans certains milieux dits progressistes et dans certains quartiers", a ajouté le groupe MR du parlement bruxellois.

Le député fédéral MR, Denis Ducarme, estime quant à lui sur son blog que l'ULB doit pour rester elle-même "se séparer de ceux qui rongent les fondations qui l'ont fait phare".

Le président des Fédéralistes démocrates francophones (FDF), Olivier Maingain, demande pour sa part aux autorités académiques de prendre toutes les mesures pour que la liberté d'expression puisse être préservée. Selon le FDF, la dérive que cherche à imposer un groupe radical de l'islamisme contestataire au sein de la communauté universitaire est préoccupante et appelle une réponse claire et ferme.

Par ailleurs, le président des FDF demande aux autorités académiques de l'ULB d'organiser une rencontre avec les partis démocratiques soucieux d'affirmer le principe de la laïcité de l'Etat pour tenir en échec la montée des radicalismes religieux.

Le PS espère quant à lui que les "autorités de l'ULB feront au plus vite toute la lumière sur ces événements indignes d'une des plus grandes universités du pays, et que les mesures seront prises pour éviter que de telles méthodes puissent un jour se reproduire".

"La confrontation des idées et la possibilité de remettre en cause tous les dogmes sont des principes fondamentaux de la démocratie. Y attenter, c'est préparer le retour de l'obscurantisme et de la violence", a ajouté le parti socialiste.

Le débat intitulé "L'extrême droite est-elle ou non devenue fréquentable? " a été perturbé à plusieurs reprises par un groupe de 40 à 60 personnes voulant dénoncer "l'islamophobie" de Caroline Fourest, l'une des invitées. Plusieurs personnes, revêtues de keffiehs et de burqas, ont scandé en boucle des slogans ("Burqua Bla-bla!"), empêchant la bonne tenue du débat, finalement interrompu par le modérateur, Guy Haarscher et le recteur de l'université, Didier Viviers. L'action avait été instiguée sur Facebook par un chercheur de l'université, Souhail Chichah. Ce dernier appelait sur le réseau social à la "lapidation" de Caroline Fourest.

Le recteur de l'Université Libre de Bruxelles (ULB), Didier Viviers, a décidé de mettre en oeuvre une instruction disciplinaire à l'encontre de Souhail Chichah.