Ecœurés. Voilà sans doute le mot qui résume le mieux le sentiment d’une partie des hooligans présents sur la place de la Bourse ce dimanche. Un sentiment recueilli par nos confrères de la Dernière Heure.

En effet, si depuis plusieurs heures, on stigmatise les comportements et les débordements qui ont eu lieu à Bruxelles, pour une majorité d’entre eux, il s’agit bien là de l’apanage d’une minorité. "Tout était planifié", précise un des membres du Hell Side (Standard de Liège). Il y avait eu une réunion durant la semaine, où chaque groupe était représenté pour parler de cette présence à la manifestation. Il avait été question de s’y présenter en tenue sombre, tout simplement pour marquer que nous étions en deuil. Et non pas avec un quelconque rapport avec l’extrême-droite. Et même si on sait pertinemment que certains groupes ont des accointances avec l’extrémisme, il avait été bien précisé que tout comportement de type raciste n’aurait rien à faire dans notre défilé. Et ça n’aurait d’ailleurs eu aucun sens puisque dans les 450 personnes présentes, il y avait toutes les ethnies qui étaient représentées. Rien que dans notre groupe, il y avait des italiens et des marocains d’origine."

Tout ce petit monde s’est retrouvé à Vilvoorde pour le premier rendez-vous et un comité d’accueil les attendaient pour les encadrer. "Les spotters (ndlr : policiers en civile chargés d’accompagner et surveiller les supporters à risques) de chaque club étaient bien présents et on nous a mis dans un train pour rejoindre la Gare du Nord", enchaîne notre interlocuteur qui désire garder l’anonymat. "Nous avons ensuite défilé dans le calme sous bonne escorte et jusque-là, tout se passait bien. Une fois sur la place de la Bourse, les choses se sont envenimées à cause d’une minorité. Il y a eu un incident entre un hooligan et une personne du type africain. La tension est rapidement montée et quand on a vu ces comportements, nous avons décidé de quitter la place. Tout simplement parce que nous n’étions pas là pour cautionner de tels agissements qui ne correspondent en aucun point avec notre philosophie."

Une fois après avoir quitté la place et en reprenant la direction, le groupe de liégeois a eu connaissance de tout ce qui était déjà dit et raconté sur ces évènements. Et notre homme n’en revient toujours pas. "On est écœuré", poursuit-il. "On nous taxe d’être des membres de l’extrême-droite alors que l’on se revendique plutôt de gauche et certainement pas dans les extrêmes. On était là pour marquer notre dégoût du comportement de l’état islamique, pour montrer que l’on veut lutter contre l’islamophobie et en lieu et place de ça, on a le sentiment qu’on nous compare à eux. Il faut que les gens sachent que c’était là notre seul objectif et que c’est bien une minorité qui s’est mise en évidence de façon inacceptable."