Suite au témoignage de ce papa dénonçant les fraudes en tout genre liées au décret inscriptions, nous avons bien évidemment contacté le cabinet de la ministre Simonet.

Son porte-parole, Eric Etienne, nous confirme que le problème existe : “Effectivement, nous sommes parfois alertés pour des fraudes réelles ou supposées. C’est le fraudeur qui est à pointer du doigt, pas la loi. Il faut savoir que lorsqu’on adopte ce style de comportement, d’autres fraudes rentrent évidemment en cause. Avec les fausses familles recomposées, il y a une influence sur le calcul des allocations familiales. La fraude est aussi sociale.”

Et donc, il est nécessaire de renforcer les contrôles au niveau communal. “Certaines communes en sont conscientes”, poursuit Eric Etienne, qui nous livre également un témoignage auquel il a été récemment confronté : “Une dame nous a téléphoné pour nous expliquer le genre de fraudes auxquelles elle avait été confrontée car des gens se vantent d’avoir réussi à faire inscrire leur enfant dans une école en trichant. Elle a cependant refusé de nous donner des noms, elle ne veut pas faire de délation.”

Par contre, au cabinet de la ministre Simonet, on aurait plutôt tendance à l’encourager : “Que les gens qui connaissent des cas écrivent à la Ciri pour leur en faire part en donnant les noms. Si la Ciri n’a pas une mission de police, elle peut normalement activer une commune et l’inspection scolaire afin de faire vérifier s’il y a eu fraude ou non.”

Par ailleurs au cabinet de la ministre Simonet, on s’interroge sur ce comportement marqué par la tricherie qui inévitablement rejaillit sur l’éducation de l’enfant : “En termes de construction des jeunes, c’est incroyable de lui faire croire que l’on peut tricher et qu’il a plus de droits qu’un autre.”

Au cabinet Simonet on nous précise qu’au 10 mai, 94 % des enfants de sixième primaire étaient inscrits dans l’école secondaire qui constituait leur premier choix. Il reste donc un peu moins de 1.000 enfants en Fédération Wallonie-Bruxelles à ne pas avoir été rencontrés dans leurs choix.

Un chiffre similaire à celui de l’année dernière à même époque : “Les choses vont surtout bouger suite à trois évolutions. Les résultats du CEB. Tout le monde ne réussit pas, on ne s’en réjouit pas mais ça libère des places. L’injonction de la Ciri d’ajouter une place par classe dans les écoles complètes. Elle l’a fait les années précédentes et j’imagine qu’elle le fera à nouveau cette année. Les écoles qui ajoutent des places de leur propre initiative, il y en a chaque année. Certaines le font pour capter toute leur liste d’attente”, explique encore le porte-parole de la ministre.