Le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a regretté jeudi que la lutte contre les violences conjugales et intrafamiliales puisse ne plus figurer parmi les priorités du nouveau Plan national de sécurité élaboré par la police fédérale, comme le relayait la presse flamande. Dans un communiqué, le ministre-président de la Fédération, Rudy Demotte, rappelle que, à la suite de la sixième réforme de l'État, les entités fédérées sont "désormais associées à l'élaboration de la politique de sécurité", les ministres-présidents ayant à ce titre hérité de la politique criminelle et de sécurité.

Pour M. Demotte, qui portera le sujet sur la table d'un prochain comité de concertation, cette annonce est dès lors "prématurée" étant donné que son gouvernement doit être "concerté" lors de l'élaboration de ce Plan national.

Celui-ci rappelle en outre qu'un plan d'action national de lutte contre les violences entre partenaires est actuellement en préparation et piloté par l'Institut pour l'Égalité des Femmes et des Hommes, sous l'égide de la secrétaire d'État fédérale Elke Sleurs.

Pour le gouvernement de la Fédération, abandonner cette priorité serait "catastrophique" pour les victimes.

"Les chiffres sont là pour démontrer l'urgence qu'il y a à combattre ce phénomène. En 2013, les statistiques policières ont recensé 39.746 procès-verbaux relatifs à des faits de violences conjugales. Il ne s'agit toutefois là que de la partie émergée de l'iceberg puisque, dans bon nombre de cas, le partenaire victime de violence ne signale pas les faits à la police. Cette même année 2013, la violence a causé la mort de 162 personnes".

La Fédération soutient des services d'aides aux victimes de violences conjugales tels que Praxis ou le Collectif contre les Violences Familiales et l'Exclusion (CVFE) et finance chaque année avec les autres entités francophones des campagnes de sensibilisation à la lutte contre les violences conjugales qui ont notamment pour objectif d'inciter les victimes à porter plainte.