Le jury part en délibération mardi après le dernier mot des accusés.

C’est la règle en cour d’assises : à l’issue du réquisitoire du ministère public et des plaidoiries de la défense, ce sont les "répliques", un second tour où chacun peut préciser ses arguments à la lumière de ce que ses adversaires ont dit.

Sans surprise, les procureurs fédéraux ont redit leur conviction que les deux accusés sont bien coupables. Comme les parties civiles, ils ont pointé du doigt la défense de Nemmouche. Pour sa part, Me Sébastien Courtoy a répété que Mehdi Nemmouche n’est pas le tueur et qu’il a été piégé par les services de renseignement iraniens et/ou libanais.

Me Sébastien Courtoy a fait l’objet de furieuses critiques. Me Christian Dalne, avocat de la mère d’Alexandre Strens, a été parmi les virulents. Il a dénoncé le "scénario rocambolesque", avancé par la défense, le qualifiant "d’enfumage".

Il s’en est aussi pris à l’attitude de l’avocat envers les procureurs et les parties civiles. "Ce n’est ni normal ni habituel, je n’ai jamais vu de déchaînement aussi violent en 30 ans de carrière", a-t-il dit au jury.

Dans la même veine, Me Adrien Masset, avocat du Musée juif, a relevé que la "grossièreté et la vulgarité n’ont jamais convaincu personne". Il a dénoncé un "salmigondis d’approximations".

Et de souligner qu’une défense digne de ce nom aurait voulu que l’avocat passe en revue pour tenter de les démonter les 23 "éléments à charge" relevés par les procureurs.

Me Michèle Hirsch, pour les organisations juives de Belgique (CCOJB), a relevé que les voix de Mehdi Nemmouche et de son avocat se confondent dans leur "complotisme, la haine des juifs et la haine de nos valeurs". La défense, comme l’a répété le procureur fédéral Bernard Michel, était attendue avec beaucoup d’intérêt. Mais, pour ce dernier, la montagne n’a accouché que d’une souris. Pour M. Michel, la thèse de la défense n’est qu’un "scénario tiré par les cheveux".

"Mon histoire est vachement meilleure que la leur"

Mais Me Sébastien Courtoy n’en démord pas. Mehdi Nemmouche, malgré toutes les apparences qui sont contre lui, "a été piégé". À l’appui de sa thèse, il affirme qu’un ADN, qui pourrait être celui de Mehdi Nemmouche, se retrouve sur la porte vitrée du Musée juif. Mais, précise-t-il, c’est sur la face intérieure alors que Nemmouche n’a pu toucher que l’extérieur.

Il faut donc acquitter, car, comme le dit fort légèrement l’avocat à l’intention du jury, "mon histoire, je trouve qu’elle est vachement meilleure que la leur".

Nemmouche et Bendrer pourront dire un dernier mot mardi avant que le jury ne parte délibérer.