Promis juré, Mgr Léonard ne s’exprimera plus en public avant Noël ! Reste que ses déclarations sur des sanctions à deux vitesses à appliquer aux clercs abuseurs de mineurs continuent à faire beaucoup de bruit au sein, aussi, de l’institution.

Au point de faire sortir les responsables des médias catholiques hebdomadaires de leur traditionnelle réserve. Et que ce soit à propos de ces dernières déclaration comme de ceux sur la "justice immanente".

Sans le citer explicitement, le P. Charles Delhez, sj, pensait sans nul doute à l’archevêque dans le dernier éditorial de "Dimanche"

"Si l’on applique à l’Eglise la formule que l’on prête aux politiciens - du moment que l’on parle de moi - le succès est total ces derniers temps. Mais ce serait se consoler à bon compte. Un tel bruit médiatique ne peut que laisser des traces, surtout chez ceux qui sont loin ou à la marge de l’Eglise. Reconnaissons que cette médiatisation - sans doute exagérée - s’explique aisément. L’Eglise apparaît depuis longtemps comme donneuse de leçon, et voilà qu’elle en mérite de sérieuses. Même si les prêtres pédophiles ne sont qu’une minorité, il n’empêche : cela fait désordre, d’autant que le "dossier" a été des plus mal gérés. Etait-ce donc le moment de publier ces propos qui ont soulevé une pénible tempête ? L’Eglise est profondément sinistrée dans notre pays."

De son côté, Bert Claerhout, rédacteur en chef de "Kerk en Leven", l’alter-ego flamand de "Dimanche", n’est pas moins sévère ! Interpellé par des collègues de la presse néerlandophone, il dit certes "ne pas vouloir gâter son métier en courant derrière toutes les déclarations de Léonard", mais déplore qu’il semble manifester si peu d’empathie pour les victimes d’abus sexuels. Bert Claerhout explique aussi que "Mgr Léonard continue à jouer la provocation", mais espère qu’il ne le fait pas consciemment. Revenant sur le dernier incident, notre confrère constate que Jürgen Mettepenningen se mue de plus en plus en "clarificateur archiépiscopal qui doit rectifier les propos de l’archevêque".

A la question de savoir si les propos de Mgr Léonard le blessent en tant que croyant, Bert Claerhout précise que "(sa) foi ne dépend pas de l’archevêque mais il y a un certain nombre de catholiques qui se sentent humiliés par ces dires et qui tournent le dos à l’Eglise. Plus inquiétant : de plus en plus de jeunes manifestent une totale indifférence car ils ont déjà quitté l’Eglise". Rik Torfs, sénateur CD&V mais aussi professeur de droit canon à la KU Leuven, lance, lui, un appel aux chrétiens de base, non pas pour abandonner le combat mais, au contraire, pour faire sentir à Mgr Léonard par des lettres et des pétitions qu’il est dans l’erreur, "car l’archevêque ne représente pas toute l’Eglise belge".