Après de premiers heurts entre des jeunes et la police à Anderlecht, mercredi en fin de journée, de sérieux incidents se sont produits dans cette commune mais aussi à Molenbeek. Tout a commencé mercredi lors d’un contrôle d’identité effectué dans une bouche de métro à la suite d’un récent vol avec violence. Des suspects potentiels ont reçu le soutien d’une vingtaine de "copains" qui s’en sont pris aux policiers. L’un, qui avait tenté de voler une arme, a été arrêté. Des incidents isolés ont eu lieu pendant la nuit. Neuf cocktails Molotov intacts ont été trouvés en rue.

Mais la nuit suivante, de jeudi à vendredi, d’autres incidents bien plus sérieux se sont déroulés avec la rue Ribaucourt pour axe principal - et singulièrement quatre nouveaux immeubles d’habitation, qui font face à des cafés pas trop bien famés.

Une centaine de jeunes, pour bon nombre d’origine marocaine selon des observateurs, déambulaient dans les rues. Certains ont allumé des pneus au carrefour des rues Ribaucourt et de Mexico. Les pompiers qui sont intervenus ont été caillassés. Cinquante policiers sont arrivés à la rescousse, aidés par deux arroseuses.

Les forces de l’ordre ont dû charger à trois reprises pour disperser les émeutiers, à partir de 2h15. "Beaucoup étaient cagoulés et s’étaient armés de barres de fer et de pierres", dit la police.

Bilan officiel assez lourd : deux jeunes, non impliqués, blessés; un policier blessé; des pompiers choqués; du mobilier urbain, des bacs à fleurs et des boîtes aux lettres incendiés (et éteints par les arroseuses); deux voitures incendiées dans une cour privée et quatre autres vandalisées au même endroit; quatre autos de police endommagées.

Des informations moins officielles font toutefois état de ce que les émeutiers s’en sont également pris à des particuliers dont plusieurs, effrayés, se sont réfugiés dans les caves des nouveaux immeubles. Le tout a pris fin après que la police eut investi et fermé les cafés de la rue Ribaucourt ainsi qu’une ASBL, qui semblaient à la base du regroupement.

Pour les observateurs, il y a une différence par rapport aux émeutes "classiques", comme celles pourtant violentes qui avaient entaché le mois de mai 2008, sur fond de racisme et de football, à Anderlecht déjà. Il se dit en effet sur place que la présence des immeubles neufs, destinés à une classe plus aisée ("Ils l’ont fait pour que le quartier ne soit pas un ghetto", nous y dit-on), gênerait la clientèle de cafés, qui ne serait pas étrangère à la criminalité et au trafic de drogue. Et qui n’aurait aucune envie que la nature du quartier change.

Vrai ? Faux ? A suivre, en tout cas. Des mesures préventives étaient prises vendredi soir.