Cent femmes vêtues de blanc ont marché lundi depuis la depuis la Gare Centrale jusqu'au palais de Justice de Bruxelles pour dénoncer les viols en Belgique, à l'initiative du Conseil des femmes francophones de Belgique et de son homologue néerlandophone, le Vrouwenraad. Cette action symbolique s'inscrivait dans le cadre de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes. "En Belgique, chaque jour, une plainte pour viol sur 10 est enregistrée. Or on estime que 100 femmes sont violées quotidiennement. Selon les estimations des parquets et des services de polices, 3.500 à 3.800 femmes sont violées chaque année. De plus, 44% des plaintes sont classées sans suite", selon Viviane Teitelbaum, présidente du Conseil des femmes francophones de Belgique.

"Bon nombre de femmes violées ont peur ou honte de porter plainte. Cette marche est organisée pour les 90 femmes, chiffre noir s'il en est, qui gardent le silence chaque jour. Nous demandons une méthodologie concernant les critères de classement sans suite des plaintes et une meilleure prise en charge des victimes, y compris sur le plan médical", a-t-elle poursuivi.

La marche marque le début d'une vaste campagne de sensibilisation des femmes au viol. Les victimes de tels faits sont invitées à témoigner anonymement sur le site 'Paroles contre le viol'. Lors de la journée de la Femme du 8 mars prochain, ces témoignages seront transmis aux ministres de la Justice, de la Santé et de l'Intérieur.

Le PS veut des téléphones de grand danger pour les femmes victimes de violences

Les députés PS à la Chambre veulent la mise en place d'un système de téléphones de grand danger pour les femmes victimes de violences, annoncent-ils dans un communiqué lundi, à l'occasion de la Journée internationale de l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Ces téléphones particuliers s'activent en poussant sur un simple bouton et alertent une centrale qui peut alors envoyer les secours sur les lieux.

Ces appareils ne seraient distribués que sur décision judiciaire, à des femmes répondant à trois critères: elles doivent avoir déposé plainte, leur partenaire doit avoir fait l'objet d'une interdiction de domicile et d'une interdiction d'entrer en contact avec elles. Le coût est de 135 euros par mois et par bénéficiaire ce qui est "dérisoire au regard des conséquences dramatiques que le dispositif permet d'éviter".

Une proposition de loi en ce sens a déjà été déposée.

Lancement de la quinzaine du Ruban Blanc

L'exposition intitulée "Vous ne pouvez pas rester comme ça, Madame!" et la Quinzaine du ruban blanc (visant à mettre fin aux violences contre les femmes), ont été lancées lundi à Namur en présence d'Eliane Tillieux, ministre wallonne de la Santé, l'Action sociale et l'Egalité des chances, en cette journée internationale contre les violences faites aux femmes. Cette exposition de cinquante panneaux illustrés sera visible jusqu'au 6 décembre dans sept espaces Wallonie (Arlon, Charleroi, La Louvière, Liège, Nivelles, Tournai, et Namur).

Pendant huit mois, Pierre-Yves Ginet, photojournaliste, a suivi les personnes qui accueillent et accompagnent les femmes victimes de violences conjugales. Il a partagé le quotidien des intervenant(e)s d'un refuge et a également rencontré les membres d'autres associations spécialisées, des psychologues, des avocats, des policiers, etc.

Outre l'exposition, des animations, des conférences, et des point-rencontres sont organisés du lundi au vendredi de 8h30 à 17h dans ces sept espaces Wallonie. Programme complet sur www.rubanblanc-wallonie.be.

Une campagne de sensibilisation est également lancée dès lundi pour inciter les victimes à en parler. Celle-ci part du constat qu'un couple sur huit est concerné par les violences conjugales. "Un de ces huit couples vit l'enfer de la violence conjugale. Lequel? On ne le saura pas si tout le monde se tait", dit l'affiche. Des spots sont également diffusés en radio et en télévision et sont visibles sur www.huitcouples.be.

Le 0800/30.030 est le numéro d'Ecoute Violences Conjugales.