Selon nos confrères de "La Dernière heure", plusieurs libraires installés dans la commune de Jette, au Nord de Bruxelles, ont reçu une lettre de menaces ce matin, dans une enveloppe déposée dans la boite aux lettres de leur librairie. D'après les caméras de surveillance d'un des libraires, la lettre a été déposée dans la boite aux lettres hier à minuit moins le quart.

Ce courrier leur intime l'ordre de ne pas distribuer le numéro historique de Charlie Hebdo (disponible demain jeudi en librairie, NDRL) sous peine de représailles. "Je vous recommande de ne pas propager les caricutaures de notre bien aimé Mohammed - que le paix soit sur lui - à travers cet ignoble magazine qu'est Charlie Hebdo au risque de représailles sur vous et votre horrible commerce", est-il écrit dans le courrier portant la mention, en tête : "Au nom d'Allah, le misericordieux, le très miséricordieux".

Installé avenue Ferdinand Lenoir, Christian, 65 ans, a déjà reçu 250 demandes de clients. Il ne s'inquiète pas trop : "J'ai déjà été braqué trois fois, un pistolet sur la tempe. Ce genre de menace ne m'impressionne plus." Le parquet de Bruxelles s'est emparé du dossier.

Le bourgmestre Hervé Doyen (CDH) prend en tout cas l'affaire très au sérieux. "On prend ces menaces au sérieux. Il y a au moins quatre librairies qui ont reçu ce document. Avec mon commissaire, je vais faire, cette après-midi, le tour des librairies concernées", explique-t-il. "Toutes ces librairies feront l'objet d'une surveillance demain et dans les jours qui viennent".

Le parquet de Bruxelles ouvre une enquête

"Le parquet de Bruxelles prend l'envoi de ces quatre lettres très au sérieux et va mettre tous les moyens techniques à sa disposition (analyse d'images de caméras de vidéosurveillance, enquêtes téléphoniques, etc.) pour retrouver l'auteur. Ce dernier sera poursuivi en cas d'identification. Dans le contexte actuel, ce type d'acte est intolérable", a indiqué Laurens Dumont, porte-parole du parquet de Bruxelles.

Le nouveau numéro de Charlie Hebdo sera distribué jeudi en Belgique. Il est le premier numéro de l'hebdomadaire sorti de presse depuis l'attentat de mercredi dernier commis au sein de sa rédaction, et qui a coûté la vie 12 personnes dont 5 caricaturistes.