Pointés du doigt pour avoir signé le contrat piège avec la société de Bernie Ecclestone (FOA) dans le dossier du Grand Prix de F 1 à Francorchamps, Yves Bacquelaine (MR, photo de droite) et Jean-Marie Happart (PS, photo de gauche), respectivement président et vice-président de la Société de promotion du circuit (SPCSF) persistent et signent: ils n'ont été que les notaires et les porte-plume du gouvernement wallon de 2003. Les procès dont ils sont aujourd'hui victimes commencent à les énerver. «Tous les ministres wallons en 2003 connaissaient la convention que nous avons signée avec M. Ecclestone et je commence à en avoir marre des attaques dont je suis l'objet. J'ai signé le contrat pour le compte du gouvernement wallon, je me suis laissé abusé par ceux-là même qui aujourd'hui refusent d'assumer leur responsabilité. Soit ce sont des menteurs qui étaient qui au gouvernement wallon en 2003, soit ce sont des escrocs», martèle Yves Bacquelaine que nous avons joint depuis la Chine où il était en voyage d'affaires. Il dit avoir accepté de présider la Société de promotion pour rendre service et parce qu'il croyait dans le Grand Prix. Mais aujourd'hui, l'homme est partagé entre amertume, révolte et déception. «J'avais d'abord refusé d'assumer la fonction de président qu'on me proposait, mais on m'avait convaincu de l'accepter, j'ai fini par dire oui parce j'étais gentil et parce que j'étais partisan du retour de la course en Wallonie», tonne Yves Bacquelaine.

Son vice-président Jean-Marie Happart n'entend pas non plus rester muet devant les critiques. Et menace de réagir aux persécutions. «Je ne sais pas qui m'en veux à ce point. Je suis aujourd'hui l'objet d'attaques personnelles qui me font passer pour un imbécile ou un incompétent, je réglerai tout ça plus tard», dit-il. Quant à savoir s'il a lu la convention rédigée en anglais, il tient à (re) préciser ses propos. «Je n'ai jamais dit que je n'ai pas lu le contrat. J'ai dit qu'il y avait une partie en anglais et une autre en français. J'ai lu cette dernière», rectifie-t-il. Pourquoi a-t-il donc signé un contrat qui accorde autant de prérogatives à Bernie Ecclestone au détriment des intérêts wallons? «Nous avons signé la convention sur invitation et demande du gouvernement wallon, il y avait une décision en ce sens et qui nous conseillait également de confier l'organisation du Grand Prix à un sous-traitant. Je n'ai donc rien à voir avec le Grand Prix, on nous demandait de gérer des sociétés et nous l'avons si bien fait que l'intercommunale et la Société de promotion affiche pour la première année, chacune un bénéfice de 150000 euros», souligne Jean-Marie Happart. Il refuse toujours de livrer le nom du ministre wallon qui l'a enjoint de signer le fameux contrat. «En politique, je garde toujours un esprit de loyauté et je respecte un code d'honneur. S'il faut que quelqu'un porte le chapeau, je n'ai rien à dire», murmure-t-il.

José Happart (PS), président du Parlement wallon vole au secours de son frère jumeaux. «Tout le gouvernement wallon était solidaire pour avoir le Grand Prix pour un certain nombre d'années et tout le monde sait que mon frère ne parle pas anglais. Ce n'est pas ce qu'on lui demande d'ailleurs, son rôle est de faire tourner une société et c'est ce qu'il fait», conclut José Happart.

© La Libre Belgique 2005