Du côté des socialistes francophones, le président du PS et ministre-président wallon, Elio Di Rupo, s'est dit «indigné par les propos de son collègue Yves Leterme», propos qu'il estime «insultants à l'égard des francophones». Ainsi, il «s'imagine que la citation de Monsieur Leterme expliquant au journal français «Libération» qu'apparemment, les francophones ne sont pas en état intellectuel d'apprendre le néerlandais doit être une erreur de traduction ou une mauvaise utilisation de la langue française». Sur le fond, pour ce qui est des facilités, il souligne que «la frontière linguistique a été artificiellement tracée sur la base des rapports de force politique, sans se soucier de la volonté d'appartenance de la population». Dès lors, pour lui, ce tracé est indéfectiblement lié à la pérennité des facilités: remettre celles-ci en question, c'est automatiquement remettre le tracé de la frontière, et la question des limites de la Région bruxelloise, sur la table. Quant à la remise en cause de la parité linguistique des ministres au sein du gouvernement fédéral, pour Elio Di Rupo, elle entraînerait deux exigences de la part des francophones: l'alternance du rôle linguistique du Premier ministre fédéral, et la fin de la parité linguistique au sein de l'exécutif régional bruxellois, qui «serait alors composé à la proportionnelle du rôle linguistique de ces habitants, à savoir 90 pc de francophones et 10 pc de néerlandophones».

Enfin, le président du PS rappelle que «Bruxelles est et restera une région très majoritairement francophone». Pour lui, «la Wallonie sera toujours solidaire de Bruxelles».

© La Libre Belgique 2006