A quelques jours du mois d’octobre, dédié au cancer du sein, la ministre de la santé de la Communauté française, Fadila Laanan (PS), se réjouit des résultats “très positifs” enregistrés à la suite de la campagne de sensibilisation au dépistage du cancer du sein. Diffusé en avril et en février dernier, le spot le sera à nouveau en radio et en télé en octobre et novembre prochains. Sur petit écran, il met en scène de façon sobre et amusante à la fois, deux seins très stylisés, parlant droit dans les yeux aux téléspectatrices et les invitant à se faire dépister.

Pour évaluer l’impact et la perception de cette campagne, un sondage a été effectué par l’Institut Dedicated Research auprès des femmes âgées de 50 à 69 ans, d’une part, et des médecins généralistes, d’autre part. En voici les principaux résultats.

Si, après deux vagues de diffusion, plus de 60 % du public féminin interrogé ont identifié la campagne, ils étaient environ 50 % dans ce cas parmi les médecins. Ce que les femmes ont retenu du message ? Une information globalement cohérente même si deux éléments – pourtant importants – semblent avoir été moins bien identifiés, en l’occurrence la gratuité de l’examen et sa répétition tous les deux ans. Et alors que ces dames ont donné une note d’appréciation de 8,1/10 pour cette campagne (pour le caractère amusant de l’annonce, son originalité, sa capacité d’interpellation, sa clarté, son ton, sa crédibilité…), les médecins se sont montrés un tantinet plus sévères, n’accordant qu’un 6,5. A choisir entre l’option prise des seins dessinés et animés plutôt qu’une image réelle, les trois quarts des femmes affichent une nette préférence pour ce choix. Pour quelles raisons ? “C’est plus amusant, plus pudique, plus original, moins vulgaire, moins choquant; cela fait moins peur et cela attire davantage l’attention”, disent-elles.

Et lorsque l’on interroge les mêmes sur les raisons justifiant le fait de ne pas se soumettre au dépistage, elles évoquent la peur des résultats (32 %), le coût de l’examen (18 %) – alors que le mammotest (à distinguer du bilan sénologique) est gratuit pour cette tranche d’âge-, la peur de la douleur (16 %) et l’absence de recommandation par le médecin (15 %).

Pour les généralistes interrogés, si certaines femmes ne se soumettent pas au dépistage du cancer du sein, c’est qu’elles redoutent la douleur de l’examen (25 %) ou qu’elles craignent le diagnostic (25 %). Cela dit, 41 % des médecins ayant participé à l’enquête déclarent avoir observé une augmentation des demandes de prescriptions de mammotest et 34 % davantage de demandes d’informations sur cet examen. Enfin, s’ils sont 79 % à considérer qu’il est important de proposer le dépistage du cancer du sein aux femmes de 50 à 69 ans, près des trois quarts (71 %) considèrent le programme de dépistage du cancer du sein par mammotest comme assez voire très efficace.

En conclusion, pour la ministre Laanan, “ces résultats permettent de constater que la campagne a globalement atteint ses objectifs de communication, même s’il faut encore insister à l’avenir sur la nécessité de répéter l’examen tous les deux ans et sur sa gratuité.”. Se réjouissant de constater que la campagne a suscité un dialogue renforcé des médecins avec leurs patientes à ce sujet, elle a exprimé son intention de poursuivre ses efforts afin d’encore améliorer le taux de participation à ce programme de dépistage.

Le spot peut être visionné sur www.questionsante.org/05campagnes/spots/lemammotest2010.htm

© La Libre Belgique 2010