LA COMMISSION DES NATURALISATIONS refuse la nationalité à de plus en plus de personnes sur la base d'un soupçon de mariage blanc, dénonce Objectif, le mouvement pour l'égalité des droits et qui soutient les non-Belges qui veulent acquérir la nationalité belge. «Les raisons de ce refus sont très ténues et ne reposent sur aucune charge de la preuve. De la sorte, de nombreuses personnes sont accusées à tort de pratiques frauduleuses», rapporte l'ASBL. «Le seul élément pris en compte par la Commission est la durée du mariage ou de la cohabitation. Toute personne ayant obtenu un permis de séjour par le mariage avec un ou une Belge mais qui est restée mariée moins de deux ans avec ce partenaire écope d'un refus. C'est à elle de faire la preuve qu'il ne s'agit pas d'un mariage blanc. La plupart du temps, c'est une opération ardue et délicate.» Et d'évoquer les pénibles situations comme celle de cette femme d'origine marocaine qui avait décidé de divorcer, après 2 ans de mauvais traitements par son mari. «Pour elle, ce fut une pilule très amère d'entendre que la nationalité lui était refusée pour cette raison et d'être accusée de mariage blanc.» Objectif convient qu'il n'est pas toujours simple de parvenir à entrer en Belgique et que des personnes se sentent dès lors obligées d'envisager un mariage blanc. «Mais cela ne donne néanmoins pas le droit à la Commission d'accuser des personnes sur la base de simples soupçons.»

© La Libre Belgique 2005