Un an après les attentats de Bruxelles, environ 1 100 militaires sont toujours déployés dans les rues de nos villes. Ils font partie du décor depuis janvier 2015, mois où se sont produits l’attentat contre le siège de "Charlie Hebdo", à Paris, et le démantèlement d’une cellule terroriste, à Verviers.

Des chiffres qui ont oscillé

Jusqu’aux attentats de Paris du 13 novembre 2015, ils étaient entre 200 et 400 hommes à sillonner les rues. Après ces attentats, cette présence a rapidement été augmentée pour dépasser le millier d’hommes. Au début de 2016 et jusqu’aux attentats de Bruxelles du 22 mars, ce nombre avait été abaissé à environ 800 unités.

Après le 22 mars, plus de 1 600 hommes ont été requis. Après la fermeture de Zaventem, ils ont notamment été affectés à la sécurisation des autres aéroports régionaux. Ce dispositif élevé a été conservé pendant plusieurs semaines avant de connaître une diminution puis une stabilisation à la fin octobre.

Patrouilles mobiles

Les décideurs politiques ont alors accepté une optimalisation des effectifs, en diminuant les postes fixes et en autorisant les patrouilles mobiles. Le nombre de militaires en rue est passé de 1 300 à 1 100. Ils sont aujourd’hui présents à Anvers, Bruxelles, Zaventem, Liège, Charleroi et à l’aéroport de Gosselies. Le différentiel de 200 militaires reste mobilisable selon les besoins et en cas d’alerte.

"La présence militaire devant les bâtiments a un impact élevé sur le sentiment de sécurité, mais une efficacité relativement réduite, estime le colonel Laurent, chef de la division Opérations. Avec les patrouilles mobiles, nous sommes présents dans beaucoup plus d’endroits et ce, d’une manière qui n’est pas prévisible. Cela nous permet d’augmenter notre réactivité."

Une charge très lourde

Le colonel Laurent identifie une autre optimisation possible de l’armée. "Nous sommes normalement structurés en unités de 10 à 30 personnes. Ici, les patrouilles se limitent parfois à deux militaires. Pour pouvoir réagir de manière optimale, il serait préférable de respecter notre structure en unités plus larges".

Le colonel Laurent estime que dans la population belge, l’image de la Défense a été améliorée. Mais il reconnaît que la charge pour les militaires est particulièrement lourde, l’engagement dans un statut opérationnel sur plusieurs semaines impliquant notamment de ne pas rentrer le soir en famille et de rester disponible en caserne. "Les activités d’entraînement ont aussi été réduites" regrette-t-il.

Moins de criminalité ?

Quant à savoir si la présence militaire dans nos rues a fait chuter la criminalité, la réponse est difficile à donner. En 2015, les statistiques livrées par la police ont montré une baisse, qui allait jusqu’à 12 % au premier trimestre et même 30 % à Bruxelles et Anvers. Brice De Ruyver (Université de Gand), avait attribué une part de ce recul au déploiement policier et militaire décidé après l’attaque contre "Charlie Hebdo". Le ministre de l’Intérieur Jan Jambon (N-VA) était allé dans le même sens.

Mais le SLFP Police avait qualifié cette conclusion de "déclaration politique orientée mais non-étayée". Vincent Gilles, son président, déclarait, mardi, que rien n’avait fondamentalement changé. "Il faut deux ans pour interpréter convenablement les statistiques portant sur la criminalité, commente-t-il. Il est donc trop tôt pour se prononcer."

Vincent Gilles indique toutefois que le fait que les militaires puissent désormais patrouiller serait plutôt de nature à dissuader les malfrats d’agir.

© IPM Graphics

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