130 personnes ont été arrêtées administrativement mardi vers 16H00 suite à une manifestation et une occupation non autorisées organisées par l'UDEP et des étudiants de l'ULB devant le bâtiment de l'Office des étrangers, boulevard du Roi Albert II à Bruxelles, où dix tentes avaient été plantées, a-t-on appris auprès de la police.

Parmi les personnes qui ont été arrêtées, se trouvent 90 sans-papiers. Les autres personnes ayant fait l'objet d'une arrestation administrative et qui ont pour la plupart été relaxées sont des étudiants pour dix d'entre eux et des personnes en situation régulière pour les trente derniers. Les arrestations et les vérifications des identités des manifestants se sont déroulées sans incident selon la police.

Au cabinet du bourgmestre de la Ville de Bruxelles, on déplore le fait qu'aucune demande d'autorisation pour manifester n'ait été introduite par les organisateurs. "Plus de 600 demandes pour manifester à Bruxelles-Ville parviennent chaque année et quasi aucune de ces demandes n'est refusée" a expliqué le porte-parole du bourgmestre. La police a toléré la manifestation jusqu'à 16H00 et a demandé aux participants de se disperser et d'emporter leurs tentes sous peine de se faire arrêter administrativement, selon le cabinet du bourgmestre.

Le Bureau des Etudiants Administrateurs de l'Université Libre de Bruxelles (BEA) estime que le bourgmestre Freddy Thielemans et la police ont tendu un piège aux sans-papiers en autorisant la manifestation puis en procédant à leur arrestation.

Deux avocats malmenés par la police

Deux avocats, Me Vincent Lurquin et Alexis Deswaef ont déclaré avoir été malmenés par des policiers mardi soir alors qu'ils souhaitaient rencontrer des sans-papiers interpellés mardi après-midi par la police dans le cadre d'une occupation interdite qui avait été organisée devant le bâtiment de l'Office des étrangers.

Les deux avocats ont expliqué qu'ils avaient obtenu une autorisation du bourgmestre de la ville de Bruxelles pour voir dans quelles conditions se trouvaient les sans-papiers enfermés dans des cellules du palais de justice de Bruxelles.

Les policiers auraient empêché l'accès aux cellules aux deux avocats qui ont refusé de quitter les lieux. 'Quatre policiers se sont jetés sur moi et j'ai été sérieusement frappé' a expliqué Me Lurquin. 'Cela plus de vingt ans que je viens ici au palais de justice. C'est la première fois que je vois cela, et pour comble, au sein d'un palais de justice.

Ce n'est pas acceptable d'agir ainsi envers des avocats venus faire leur boulot' a-t-il dit. Me Alexis Deswaef a expliqué que les policiers l'ont plaqué contre un mur et lui ont effectué une clé de bras. Il a déclaré également avoir été insulté. Les deux avocats vont consulter leur bâtonnier et n'excluent pas de déposer plainte.

La réaction policière était en tout cas disproportionnée par rapport à une manifestation annoncée par les autorités comme interdite mais qui a été néanmoins tolérée' a réagi Dominique Weerts, le secrétaire national au développement et pour le secteur non-marchand au CDH, qui se trouvait mardi soir parmi les manifestants.