Le président du conseil d'administration du holdging Dexia entre 2000 et 2006, François Narmon, a reconnu mercredi des "lacunes" dans la supervision centralisée des risques au sein du groupe franco-belge, tout en en imputant la responsabilité au comité de direction et aux superviseurs qui n'ont "jamais donné l'alarme".

Interrogé mercredi par la commission spéciale sur le démantèlement de Dexia, M. Narmon a rappelé que la gestion courante du groupe était dans les mains du comité de direction, dirigé alors par l'administrateur-délégué, le Français Pierre Richard, qui rapportait au CA.

"Le conseil d'administration recevait les informations du management. Il ne voyait que des chiffres globaux", a expliqué M. Narmon, entendu durant près de trois heures par les députés sur l'ambitieuse politique d'expansion du groupe entamée dès 2000.

"Le conseil d'administration faisait confiance à son administrateur délégué et à d'autres instances, comme le comité d'audit, les réviseurs d'entreprises et les autorités de contrôle", s'est défendu M. Narmon.

"Jusqu'en 2006, il n'y a eu aucune intervention de l'une ou l'autre de ces autorités. Je n'ai jamais eu de signal d'alarme. Le conseil d'administration ne pouvait dès lors qu'approuver la politique proposée par l'administrateur délégué...".

"Mais que faisiez-vous alors?", lui a lancé le député Hendrik Bogaert (CD&V). "C'était votre rôle de poser des questions sur la gestion du risques!".

"Le conseil a sans doute posé des questions, mais il a dû recevoir des réponses qui lui ont alors donné satisfaction", a répondu M. Narmon, précisant ne pas pouvoir se souvenir avec détails d'événements survenus il y a une dizaine d'années.

Interpellé par le député Jean-Marie Dedecker (LDD) pour savoir si l'on pouvait considérer que le CA du groupe s'était laissée "endormir" par la direction, M. Narmon a répondu: "Vous pouvez le dire comme cela".