Belgique La rentrée universitaire a été marquée par les incertitudes entourant le nouveau décret du ministre Marcourt. Système de cotation, filtres à l'entrée, financements, concurrence entre universités, etc. : le recteur de l'ULB, qui se dit "sur les rotules", se positionne sur ces importants dossiers. Mais aussi sur la laïcité défendue par l'ULB et les menaces terroristes sur le campus. Didier Viviers est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

Etes-vous satisfait de la rentrée à l'ULB ?

Nous n'avons pas encore les chiffres définitifs mais je peux déjà dire que ce sera une bonne rentrée en terme de nombre d'étudiants, à la fois de première génération, de Masters, mais aussi venant de l'étranger. Il semble également que la rentrée en faculté des sciences soit très bonne. Cela voudrait dire qu'on arrive à convaincre que les sciences exactes et naturelles sont importantes. Mais c'est aussi une rentrée stressante. Peut-être encore plus que les autres années puisqu'elle s'affiche sous un nouveau système pour l'ensemble de nos cursus... On se demande si cela va fonctionner. Comme on a dû faire assez vite, on est tous sur les rotules, tant les équipes académiques qu'administratives. Le ministre Marcourt a raison de dire que ce décret est une révolution... mais il aurait fallu qu'on nous laisse un peu plus de temps.

A qui imputer le flou qui a entouré le décret Paysage, notamment autour des secondes sessions ?

Il ne faut pas essayer de mettre le doigt sur des responsabilités, voire des culpabilités. Il est tout à fait normal qu'un texte fasse sa maladie de jeunesse. Et il faut bien prendre la mesure de la nouveauté. Les imprécisions autour des secondes sessions et de l'autonomie des jurys sont dues au manque d'habitude. Parce que toutes les institutions n'ont pas bien fonctionné du premier coup, je ne voudrais pas qu'on limite la liberté des institutions par un texte beaucoup plus précis, plus administratif.

Aujourd'hui, un étudiant réussit un cours avec 10/20 (et non plus 12) et il peut passer au "cycle" supérieur avec 45 crédits sur 60. Ce décret a-t-il nivelé l'université par le bas ?

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En tant qu'archéologue, estimez-vous que les temples dynamités par Daech à Palmyre constituent une perte de joyaux archéologiques ? Ou l'indignation est-elle davantage symbolique ?

C'est une perte, c'est indéniable ! Une catastrophe pour le patrimoine mondial de l'humanité, un peu comme si vous dynamitiez Notre-Dame de Paris... Mais il ne faut pas voir là-dedans seulement l'explosion de pierres, mais aussi la destruction d'un modèle de civilisation qui représentait l'échange, la mixité culturelle. C'est aussi la volonté de considérer qu'il n'y a pas d'histoire avant l'hégire. J'ai aussi été scandalisé par l'acte de condamnation de Khaled al-Asaad, le chef des antiquités de Palmyre. Pour quelles raisons a-t-il été décapité ? Parce qu'il a participé à des colloques internationaux et qu'il a collaboré avec des archéologues étrangers. Il ne s'agit pas seulement de l'acte de quelques fous. Il s'agit d'une stratégie organisée, qui vise à opposer l'Occident à l’Orient et qui veut en revenir à un état archaïque de la civilisation.

L'ULB étant un symbole du libre examen, de la liberté d'expression, craignez-vous une attaque ?

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