Le tribunal civil de Bruxelles, siégeant en référé, n'a pas suivi l'argumentation de l'humoriste français Dieudonné et de sa maison de production qui estimaient que la salle Forest National avait rompu leur contrat sans raison valable. Antwerps Sportpaleis, propriétaire de Forest National, avait en effet signé un contrat avec les Productions de la plume pour qu'ait lieu un spectacle de Dieudonné à Forest National le 17 mai prochain. Mais il avait suspendu la vente des tickets ensuite, affirmant qu'il avait été trompé sur la nature du spectacle. Les Productions de la plume avaient cité Antwerps Sportpaleis devait le tribunal de première instance de Bruxelles, en référé, pour que le gestionnaire de la salle Forest National applique le contrat qu'ils avaient conclu en août 2014. Celui-ci concernait la tenue d'un spectacle de Dieudonné à Forest National le 17 mai 2015.

Mais Antwerps Sportpaleis avait ensuite suspendu la vente des tickets. Le propriétaire avait justifié cette mesure par le fait que le contrat était affecté par un dol, autrement dit une tromperie.

Dans ce cas, la rupture unilatérale de contrat est justifiée, selon Me David Wasserman et Me Christophe Goosens, les avocats de la Ligue Belge contre l'Antisémitisme (LBCA), intervenante volontaire dans le procès aux côtés de l'Antwerps Sportpaleis.

"Le juge nous a suivis. Il a rendu sa décision le 2 avril dernier et nous venons d'en avoir connaissance", a commenté Me Christophe Goosens lundi.

"Il a estimé qu'en effet, la société de production de Dieudonné, les Productions de la plume, avait dissimulé le contenu polémique du spectacle en affirmant qu'il s'intitulait 'La bête' alors qu'il s'intitule en réalité 'La bête immonde'. Or, cette phrase est connue pour être une allégorie souvent utilisée pour parler du nazisme, du fascisme et de l'antisémitisme", a expliqué l'avocat.