Le week-end a été très calme sur le front communautaire. La nomination des trois médiateurs - François-Xavier de Donnea, Karl-Heinz Lambertz et Raymond Langendries - aura permis à la classe politique de souffler un peu. C'est d'ailleurs en grande partie pour cela qu'ils ont été nommés. De quoi permettre au Roi de prononcer sans brouillage son traditionnel discours à l'occasion de la fête nationale et singulièrement son invitation à "inventer de nouvelles formes de vivre ensemble" en Belgique. Une façon, sans doute, de donner des gages aux nationalistes flamands de la N-VA qui, dès l'annonce de la nomination des trois médiateurs, ont choisi de maintenir une pression maximale sur le gouvernement en l'attente d'une importante réforme de l'Etat.

Vendredi, à la sortie d'une réunion entre parlementaires du cartel et à laquelle il avait convié la presse, le patron de la N-VA, Bart De Wever, a en effet indiqué que la date du 31 juillet devait être décisive pour son parti. Et que s'il n'obtenait pas alors de sérieuses garanties qu'une réforme de l'Etat puisse effectivement voir le jour, il ne soutiendrait plus le gouvernement. Inutile de dire que la sortie de Bart De Wever a fortement déplu jusqu'au sein de son propre cartel. "La N-VA veut-elle créer les conditions pour mettre en oeuvre une réforme de l'Etat ? Ou veut-elle tout torpiller ?", se demandait un leader du CD&V.

Court répit

Le répit que le monde politique croyait s'être ménagé avec la désignation des trois médiateurs sera donc de courte durée. La course contre la montre a repris. Le gouvernement Leterme avait pu - difficilement - contourner l'écueil du 15 juillet. Il pourrait ne pas passer celui du 31 juillet.

Ce week-end, les trois médiateurs désignés par le Roi ont eu des contacts bilatéraux. Ils se rencontreront pour la première fois depuis leur nomination ce mardi. Ils se rendront ensuite chez le Roi pour recevoir officiellement leur ordre de mission. Le Premier ministre devrait être là. Pour montrer qu'il reste, en somme, à la manoeuvre.

Yves Leterme est aussi attendu mercredi à la Chambre. L'opposition aurait voulu qu'il lise une déclaration et demande la confiance des députés. Pas fou, il a annoncé vouloir juste répondre aux interpellations. Il craignait trop des défections dans les rangs de la majorité, et singulièrement au sein de son propre cartel. Mais cela va tanguer durement. Pour dire vrai, cela risque même de tanguer jusqu'au 31 juillet.