Le pédophile et assassin présumé Marc Dutroux affirme l’existence d’un «réseau » pédophile aux multiples ramifications criminelles dans une interview réalisée dans des conditions controversées depuis sa cellule de prison par la chaîne de télévision privée belge VTM.

«Il existe bel et bien un réseau, avec toutes sortes de ramifications criminelles. J’ai entretenu des contacts réguliers avec les personnes qui constituaient ce réseau. Mais la justice ne veut pas enquêter sur cette piste », déclare Marc Dutroux dans cette interview qui doit être diffusée lundi, a rapporté dimanche l’agence Belga.

L’enquête sur Marc Dutroux, chez qui les corps de quatre jeunes filles --Julie, Mélissa, Ann et Eefje-- ont été retrouvés en 1996, n’a pas permis d’établir l’existence de tels réseaux, bien que les parents de certaines victimes soient toujours convaincus de leur réalité.

Marc Dutroux, censé être le prisonnier le plus surveillé de Belgique, a été interrogé par un journaliste de la chaîne néerlandophone entré dans sa cellule de la prison d’Arlon grâce à l’aide d’un sénateur libéral flamand, Jean-Marie Dedecker.

M. Dedecker, ancien sélectionneur de l’équipe nationale belge de judo et homme politique controversé, avait reçu du ministre de la Justice Marc Verwilghen la permission de visiter début janvier, comme son statut de sénateur l’y autorise.

Mais la révélation ce week-end qu’il était accompagné d’un journaliste se faisant passer pour son chauffeur a déclenché de nombreuses réactions d’indignation dans la classe politique belge, ainsi que la colère du ministre de la justice.

«Le sénateur couvre de honte tout le parlement », a estimé M. Verwilghen dans un communiqué.

Le fait que le journaliste ait pu entrer dans la cellule de Marc Dutroux --qui avait réussi à s’évader durant quelques heures en 1998-- sans être fouillé et sans que son identité ne soit vérifiée pose également questions.

Le procès de Marc Dutroux doit en principe s’ouvrir début 2003 devant la cour d’assises d’Arlon. AFP