Les avocats sont arrivés lundi vers 14 heures au tribunal de l'application des peines de Bruxelles, qui sera chargé d'examiner la demande de Marc Dutroux de pouvoir bénéficier du placement d'un bracelet électronique. Une meute de journalistes et de photographes sont amassés devant la porte de la salle, dans le palais de justice de Bruxelles, espérant entrevoir l'arrivée de Marc Dutroux. Le président du tribunal a procédé à l'appel du rôle et les avocats se sont présentés à l'audience, après avoir été contrôlés par les agents de sécurité.

Tout a donc débuté normalement, lundi, pour la comparution, très médiatisée, de Marc Dutroux devant le TAP.

Très tôt dans la matinée, d’impressionnants escadrons de police sont venus s’embusquer dans et autour du palais de Justice de Bruxelles, en prévision de la comparution de Marc Dutroux devant le Tribunal d’application des peines (Tap). Il s’agit, aux yeux des autorités judiciaires, de prévenir deux risques qui paraissent majeurs, nous apprend la Dernière Heure.

Le plus important est de faire face à d’éventuels assauts de manifestants qui pourraient aller au-delà de leurs protestations vis-à-vis des nouvelles outrances de l’ennemi public n°1 et essayer de s’en prendre physiquement à lui.

La seconde préoccupation majeure est de contrer un éventuel projet d’évasion de l’assassin de Julie, Mélissa, An et Eefje. De source policière, on indique que ce risque est très mineur mais que, compte tenu de l’évasion spectaculaire de 1998, c’est surtout le risque du ridicule qu’il faut éviter. "Vous imaginez un peu de quoi on aura encore l’air, s’il s’évade à nouveau ?", nous a confié un responsable de la sécurité.

En conséquence, toutes les portes secondaires d’accès au vieux palais de Justice, le bâtiment Poelaert, ont été fermées. La seule manière d’y accéder est de passer par la salle des pas perdus et quiconque veut y entrer, même les magistrats et les avocats, est fouillé et doit passer par les détecteurs de métaux. Deux files sont prévues : l’une pour les professionnels et l’autre pour le public.

Très tôt dans la matinée aussi, les camions de télévision, munis de puissantes antennes, sont venue prendre position place Poelaert.

La journée sera chaude !

L'argent du transfert de Marc Dutroux "aurait pu être mieux employé!"

Vous êtes particulièrement énervé Pierre Gourdin !

“Oui, et il y a de quoi. Je viens d’entendre que le transfert de Marc Dutroux à Bruxelles, pour sa comparution devant le tribunal d’application des peines, allait coûter 50.000 euros. Mais il y a une salle qui peut parfaitement convenir au sein de la prison de Nivelles, où M. Dutroux est en cellule pour l’instant !”

De l’argent inutilement dépensé, donc…

“Et surtout, qui pourrait servir à payer les médecins et les autres professionnels médicaux ou paramédicaux qui travaillent dans les prisons. Contrairement à ce qui avait été promis, nous attendons toujours d’être rémunérés pour nos prestations des mois d’octobre, de novembre et de décembre 2012. Si l’État peut dépenser 50.000 euros pour ce déplacement de Marc Dutroux, il pourrait aussi les utiliser pour payer une pharmacienne de Nivelles qui fournit les médicaments à la prison. Ce doit être à peu près ce qu’on lui doit…”

Ces problèmes de retard de paiement ne sont donc pas encore réglés !

“Non, et c’est inadmissible. Des démissions s’annoncent, les 400 professionnels du secteur médical qui travaillent dans les prisons belges sont excédés. Un petit groupe commence d’ailleurs à s’organiser pour intenter une action en justice.”