Il y aurait sans doute des choses à dire sur les difficultés récurrentes rencontrées par l’Université libre de Bruxelles à organiser en toute sérénité des débats sur des thèmes de société sensibles. L’ULB aurait peut-être intérêt à s’interroger sur son mode de fonctionnement, elle qui s’est toujours voulue le temple du libre examen.

Les incidents qui ont conduit, mardi soir, à la fin prématurée d’un débat autour de l’extrême droite (pp. 6-7) dépassent toutefois largement le cadre d’une institution particulière.

Ils illustrent l’intolérance rampante qui anime des franges de nos sociétés dites modernes. On croyait, naïvement, que cette modernité encouragerait des échanges décomplexés sur les questions qui concernent le tissu social, les mœurs, les relations humaines et interculturelles, etc.

Au lieu de quoi montent, d’un peu partout, des stades de football, des plateaux de télé, des estrades politiques, de certains quartiers de nos villes et même de lieux qu’on croyait préservés, car dédiés naturellement à la liberté d’expression, comme les théâtres ou les universités, les voix odieuses et bruyantes de la haine, de l’exclusion, du rejet de l’autre.

On a vu ces dérives à l’œuvre à Paris et à Anvers, où des intégristes ont tenté de saboter un spectacle de Romeo Castellucci jugé "blasphématoire". Et à présent à l’ULB, à laquelle appartient le "chef" des tristes énergumènes qui ont sévi mardi. On a beau se dire que ces fossoyeurs de la démocratie sont minoritaires, leur activisme doit être traité comme il se doit. Sans la moindre faiblesse.

La vidéo de l'incident a été tournée par @gillesdej