Il a donc fallu supporter, lundi soir, les communiqués triomphants des organisations syndicales se félicitant d’avoir paralysé le pays - chacun place sa gloire où il peut - pendant 24 heures. Une victoire ? Que non

1. Mme Demelenne, la souriante patronne de la FGTB, avait donné des instructions pour qu’il n’y ait pas de barrages. Elle n’a évidemment pu empêcher que des brigades d’énergumènes contraignent de braves indépendants à clore leurs volets. Un scandale. Soit.

2. On connaît la riposte syndicale : ils se battent et nous, les "jaunes", profitons de leurs acquis. Reprenons les mots d’ordre de cette grève. La préservation de l’index ? Le PS, le SP.A, le CDH ont dit qu’il n’était pas question d’y toucher. La concertation ? Elle a lieu depuis un mois. Epargnés, les fraudeurs, les tricheurs ? Il y a un plan de lutte contre la fraude fiscale et sociale. La réduction des intérêts notionnels ? C’est fait. La définition d’un plan de relance ? Di Rupo fait le tour des capitales pour l’imposer à l’agenda européen. Le maintien de l’âge légal de la pension à 65 ans ? Acquis. Parenthèse : étant donné que l’on gagne un an d’espérance de vie tous les cinq ans - que l’on soit syndiqué ou non - cet âge légal augmentera.

3. Les syndicats sont indispensables. C’est grâce au dialogue avec les partenaires sociaux que la Belgique connaît la paix sociale, essentielle à l’économie et à la création d’emplois. Mais l’action syndicale, sous peine d’être totalement anachronique, doit évoluer. On a vu, lors de cette grève, les messages de colère qu’elle suscitait. Bloquer un pays ne sert à rien. A rien. Rendez-vous donc dans 18 ans, pour la prochaine grève générale.

D’ici là, au boulot.