Vendredi soir, deux détenus s’évadaient de la prison d’Arlon en blessant deux gardiens au cours d’une prise d’otage. Un incident semblable s’était produit le dimanche précédent à celle d’Andenne. Dimanche, la ministre de la Justice annonçait un investissement de 800 000 euros pour équiper les prisons d’un appareillage qui permettra de scanner les détenus lorsqu’ils vont et reviennent de la promenade. Un moyen pour détecter rasoirs, couteaux et autres armes artisanales qui servent lors des évasions. Ce lundi, les syndicats des gardiens sont attendus au cabinet de la Justice avec un seul point à l’ordre du jour : la sécurité dans les prisons.

Fort bien. Il est évidemment légitime de tout faire pour éviter que les agents finissent leur journée avec une lame dans le ventre ou un couteau sur la gorge. Mais est-ce vraiment la bonne méthode pour assurer la sécurité au sein des prisons ? Dépenser des centaines de milliers d’euros pour de coûteux détecteurs, c’est jeter de l’argent au fond du cachot, si on ne prend pas, très vite, un virage à 180 degrés dans l’approche carcérale. Il faut, enfin, s’attaquer sérieusement à la surpopulation dans les prisons. Mais en la matière, les politiques ont des barreaux dans les yeux. Obsédés par une stratégie sécuritaire, les gouvernements successifs n’ont, au cours des 15 dernières années, développé aucune politique pénitentiaire digne de ce nom. On enferme - on parque - les détenus derrière des barreaux de plus en plus sophistiqués, sans mettre en place en véritable projet visant, à terme, leur réinsertion. Pour éviter que les détenus en ressortent plus dangereux encore qu’à leur entrée.