Le feu couvait sous la cendre encore tiède des hauts-fourneaux à l’arrêt. Mais ils étaient déjà condamnés. Hier, à Liège, la phase à chaud a été exécutée. Cette fois, ArcelorMittal est passé à l’acte.

Cinq ans à peine après la prise de contrôle par le groupe indien, la décision qui est tombée hier résonne comme un écho à la menace qui avait déjà ébranlé le sidérurgiste liégeois en 2008.

Un point commun entre ces deux références : l’anticipation d’une croissance économique qui n’est pas au rendez-vous. A la récession qui a frappé l’économie mondiale il y a trois ans, succède aujourd’hui le ralentissement brutal d’une pseudo-reprise, minée par une détestable crise financière. Le lien de causalité n’est pas unique mais il est évident.

Et il est mondial. Depuis le début de l’été, alors que la crise grecque se transformait en pandémie financière, ce qu’on a d’abord appelé "l’effet Fukushima" s’est transformé en rechute avec, une fois de plus, le risque d’une récession à la clé.

Cette menace incite les sidérurgistes à une prudence extrême en limitant leur production, pour freiner l’effondrement des prix (en baisse de plus de 15 % depuis le printemps) et préserver leur rentabilité.

Mais il est vrai aussi que les carnets de commandes se vident parce que toute l’industrie, toute l’économie, se sent menacée par la crise bancaire. Voilà pourquoi, Monsieur Barroso, il est urgent de passer de la parole aux actes. Voilà pourquoi il est impératif de crever ces abcès bancaires. Voilà pourquoi il est essentiel que la confiance revienne.