Promesse tenue : les évêques et les supérieurs majeurs belges avaient annoncé un plan global pour éradiquer la pédophilie dans les milieux ecclésiaux ; il est fin prêt. Il aura fallu l’électro-choc provoqué par la démission de Roger Vangheluwe et surtout les travaux de la commission parlementaire Lalieux pour que l’Eglise accepte de reconnaître, d’abord du bout des lèvres, puis de manière plus conséquente et, enfin, sans davantage d’atermoiements funestes, le tort qu’une minorité de clercs et religieux a fait pendant des décennies à tant d’innocents. Avec la circonstance aggravante qu’il y avait une relation de confiance à l’égard desdits déviants. Après avoir accepté les réparations à l’égard des victimes par les voies de l’arbitrage, la hiérarchie catholique entend maintenant "agir de façon cohérente et énergique". "La souffrance cachée", qui est bien plus un programme d’action qu’une brochure présentée par les évêques référendaires Harpigny et Bonny au nom de tous les leurs, va dans la bonne direction. Car les abuseurs ne pourront plus récidiver puisqu’ils seront sous contrôle en permanence mais seront aussi impliqués au maximum dans les modalités de reconnaissance et de médiation réparatrice. La majorité des pistes suivies par la direction de l’Eglise concerne cependant le traitement et la prévention des abus sexuels. Et de manière directe : finies les commissions bis ou les traitements parallèles... Qui aurait osé penser que l’Eglise belge serve d’exemple pour ses "sœurs" et pour Rome ?