La surprise est d’autant plus heureuse qu’on ne l’attendait pas. Ou plutôt: pas encore... Beaucoup d’observateurs de la vie ecclésiale pensaient que l’Eglise tergiverserait encore dans les semaines à venir et attendrait le début des vacances pour prendre une décision définitive sur les suites à donner aux recommandations de la commission spéciale sur les abus sexuels de la Chambre dans laquelle elle avait eu le premier rôle, bien malgré elle. Mais l’Eglise, ce n’est pas "la rue de la Loi" avec ses intrigues, ses faux secrets et surtout ses fuites. Force nous est de reconnaître qu’il ne fut pas facile de conjecturer comment elle s’en sortirait car les consignes de discrétion furent observées jusqu’au bout comme il sied pour une institution qui ose encore prendre ses responsabilités. L’on pensait que cela réflétait des tensions internes et la difficulté à admettre le principe même des indemnisations aux victimes. Mais il apparaît maintenant que la Conférence épiscopale a vraiment pris son temps pour s’entourer des avis les plus autorisés. NNSS Guy Harpigny et Johan Bonny n’ont pas eu la tâche facile mais ils ont réussi à convaincre leurs collègues que l’indemnisation des victimes était incontournable sous peine de perdre encore du crédit devant l’opinion publique. Un fameux chemin accompli donc depuis les réunions de la commission Lalieux en fin d’année dernière où les évêques, et non des moindres, ne parvenaient pas à accorder leurs violons. Reste maintenant à traduire tout cela en décisions incontestables. A voir la liste des experts choisis, on ose gager que les espoirs ne seront pas déçus...